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07/07/2010

L’hospitalisation peut mettre en péril la continuité du traitement médicamenteux

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a étudié, en collaboration avec des pharmaciens et médecins de l’UCL et de la K.U.Leuven, l’effet d’une hospitalisation sur la continuité du traitement médicamenteux. Il apparaît qu’un passage de la maison vers l’hôpital, et vice-versa, causent souvent des problèmes tels qu’interruptions de traitement, surdosages, interactions indésirables entre les médicaments etc. On évalue qu’environ un patient hospitalisé sur quatre y est confronté, en particulier lorsqu’il est de retour à la maison.

Certains groupes de patients sont plus vulnérables : les personnes âgées, les patients psychiatriques, les personnes qui prennent beaucoup de médicaments. Le KCE recommande une campagne nationale de sensibilisation et la mise en place d’un système électronique afin que les soignants puissent partager les données relatives aux médicaments des patients.

Des milliers de patients sont hospitalisés chaque année en Belgique. La majorité d’entre eux prennent déjà lors de l’admission de multiples médicaments et ils reçoivent un traitement (supplémentaire) à l’hôpital. A l’admission et à la sortie de l’hôpital il est important pour la santé du patient que ce dernier prenne de manière correcte le traitement prescrit.

A l’heure actuelle, le passage de la maison vers l’hôpital et le retour en sens inverse ne se passent pas toujours sans heurts. La liste de médicaments du patient peut être longue et complexe et n’est parfois pas disponible à l’hôpital lors de l’admission. A l’hôpital, le traitement est parfois adapté en fonction des médicaments habituellement utilisés sur place, ce qui peut également être source de problèmes pour la continuité du traitement.

Des problèmes peuvent également survenir lorsque le patient rentre à la maison, si la communication relative au traitement n’est pas optimale avec le patient, sa famille, son médecin traitant ou son infirmier à domicile. Les conséquences peuvent être des interruptions de traitement, des surdosages, des interactions indésirables entre les médicaments, etc . On estime qu’environ un patient hospitalisé sur 4 est confronté à ce problème. Des groupes de patients sont plus vulnérables : les personnes âgées, les patients psychiatriques, les personnes qui prennent beaucoup de médicaments.

Le KCE recommande la mise en place d’une campagne nationale afin de sensibiliser les soignants et les patients. Un plus grand effort devrait être investi dans l’échange électronique sécurisé des données essentielles relatives aux patients, comme leur liste de médicaments, afin que ces informations puissent être à tout moment disponibles tant pour le patient que pour les personnes qui le soignent. Une attention particulière doit être par ailleurs accordée aux groupes de patients plus vulnérables.

L’implication et la responsabilité des médecins, pharmaciens et infirmiers, tant à l’hôpital qu’à domicile, devraient être accrues dans ce domaine. Il est souhaitable que les hôpitaux développent des procédures standardisées relatives à la prise en compte du traitement médicamenteux préexistant lors de l’admission. De même, lors de la sortie, de bonnes procédures doivent assurer que les patients et leurs soignants disposent en temps opportun d’une information complète et structurée relative au traitement à suivre.

Par ailleurs le KCE recommande l’élaboration d’un guide de pratique national relatif à la continuité de la prise de médicaments. A cette fin la collaboration entre pharmaciens, médecins et autres soignants tant des hôpitaux que du domicile est essentielle.