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21/03/2012

Etude de médecine: réforme votée

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles devrait adopter mercredi en fin de journée, majorité contre opposition, le projet gouvernemental de réforme du secteur de la santé, un dossier sensible à plusieurs égards porté par le ministre de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt.

Le décret repose notamment sur la réduction du nombre d'années d'étude de base de médecine de sept à six ans pour s'aligner sur les normes européennes, la spécialisation en médecine générale passant quant à elle de deux à trois ans. (source: dh.be)médecine,santé,marcourt

La suppression du numerus clausus en fin de 1e année, qui faisait déjà l'objet d'un moratoire, a été saluée sur les bancs de la majorité comme de l'opposition. Mais elle ne résout pas le problème du contingentement fédéral sur les agréments à l'issue des études, les fameux quotas de numéros Inami.

Ces quotas aggravent la pénurie de médecins dans plusieurs provinces wallonnes, selon les francophones, alors que les partis du nord du pays les juge utiles pour contenir les dépenses en soins de santé.

Etant donné que le niveau des premiers mois du cursus sera "fortement durci" du fait de la réforme, ont été prévus une formation préalable destinée aux rhétoriciens, un test d'orientation non-sélectif avant le début de l'année académique (en juin et/ou septembre) ainsi que des activités de remédiation durant l'été et le premier quadrimestre.

L'examen d'entrée accompagné d'une année de propédeutique, prôné par le MR, n'est pas retenu, les partis de l'Olivier le jugeant trop stigmatisant pour les élèves issus d'écoles moins favorisées.

Le point le plus sensible porte dès lors sur l'épreuve de janvier, qui débouchera sur des possibilité s nouvelles de réorientation et de remédiation, mais aussi, pour les étudiants ayant eu une moyenne inférieure à 8/20, sur un possible "étalement" de la 1e année.



Les étudiants voient dans cette mesure la possibilité de rendre l'étalement obligatoire et d'instaurer un frein à l'accès aux études. "C'est un examen d'entrée déguisé", a affirmé Jacques Brotchi (MR), pour qui les étudiants qui ne sont pas prêts en septembre ne le seront pas davantage en janvier.

Le ministre Marcourt (PS) a rejeté cette vision des choses, insistant sur les mesures propédeutiques et de remédiation prévues par le décret. "C'est vrai qu'à défaut d'accord entre le jury et l'étudiant, l'étalement pourra être imposé, mais ce sont des cas résiduels, et ils pourront précisément être aidés grâce à l'étalement, dans la perspective d'une école de la réussite, et sans devoir payer un nouveau minerval", a-t-il souligné.

Un amendement du FDF propose de relever la barre de l'étalement de 8/20 à 10/20.
Les 3,2 millions d'euros débloqués il y a deux ans par le gouvernement pour aider les facs de médecine à faire face à l'afflux d'étudiants, passés d'environ 2.000 à 4.000 en quelques années, sont pérennisés par le décret.

Mais ce soutien est jugé insuffisant par le MR qui, en plus des problèmes d'infrastructure, agite le spectre d'un encadrement professoral insuffisant face à la masse d'étudiants, lors de travaux pratiques. "Imaginez un urologue devant demander à un patient d'autoriser 60 étudiants à examiner sa prostate", a lancé M. Brotchi.

Marcel Cheron (Ecolo) a insisté sur la fin du numerus clausus, "aboutissement d'un combat de 15 ans", tandis que Michel de Lamotte (cdH) qualifiait le décret de "subtil équilibre entre les contraintes et les demandes des étudiants".
Le projet porte aussi les prémices d'une future école de la santé rapprochant les diverses branches médicales et paramédicales des hautes écoles et universités. 

Commentaires

Réduire d’un an la formation c’est sans doute une bonne chose ; toutefois, i faut bien se rendre compte que les études de médecines sont trop théoriques et délaissent d’une manière inadmissible les aspecta humains et éthiques de la formation. Le comportement de trop de médecins laisse à désirer sur les plans éthiques, déontologiques et notamment dans la manière dont ils accompagnent les patients. Un des problèmes est la qualité d’écoute et notamment le fait que les consultations ne durent en moyenne que moins de 10 minutes ; selon des éludes, le patient qui énonce sa problématique au début de l’entretien est interrompu d’autorité par le médecin dans les quelques minutes qui suivent !

Il faudrait plutôt adopter et de toute urgence ce qui a été décidé en Allemagne : des tests d’aptitude humaine pour savoir si le candidat médecin a les qualités de relation requises et en ‘absence, son écartement des études de médecine.

Extrait du livre « Quand les thérapeutes dérapent » (www.derapeutes.eu) :

Médecine et prise en charge psychologique

« Grâce à leurs connaissances de la nature humaine, les médecins d’autrefois pratiquaient une forme de psychothérapie et aidaient certainement les forces naturelles à réagir contre la maladie en inspirant confiance à leurs patients » (René Dubos, Mirage de la santé, Éd. Denoël, Paris, 1961, p. 118 – Ce célèbre microbiologiste a inventé le premier antibiotique et a notamment écrit des ouvrages en tant que critique de science)..

De (trop) rares médecins pratiquent encore ainsi et cette époque est révolue au moins pour deux raisons. D’une part, les formations scientifiques ne prédestinent pas à l’accompagnement psychologique et n’offrent pas nécessairement le gage que seront respectées dans les faits, entre autres, l’éthique et la déontologie spécifiques à l’accompagnement qui touche au psychologique.

Écrit par : Baudouin Labrique | 22/03/2012

Suite de la citation du livre "Quand les thérapeutes dérapent" :

D’autre part, le traitement symptomatique des maux via l’exclusive pharmacopée a installé des conditions de consultation qui ne favorisent pas l’expression des ressentis, puisqu’au diagnostic de tel mal est attendue une médication type, mais pas le recours à l’effet bénéfique d’un entretien de nature psychothérapeutique (comme on le constatera plus bas dans le cas de la prescription de psychotropes.

On a déjà abordé ce type d’incohérence au travers de la « double casquette thérapeutique » portée par les psychiatres comme par les autres médecins : les seules conditions matérielles de la consultation entraînent déjà des conséquences incompatibles avec un accompagnement de qualité.

C’est ce que constatent la Fédération Suisse des Psychologues (FSP) et l’Association Suisse des Psychothérapeutes (ASP) : « Les médecins et le personnel auxiliaire n'ont pas de formation reconnue en psychothérapie […]. Un entretien avec un médecin ne constitue pas une psychothérapie qualifiée ».
Une étude de Test-Achats le confirme :

« Les médecins de famille ne disposent généralement pas du temps nécessaire pour ce type de consultation et n’ont pas la formation adéquate pour entamer un traitement psychothérapeutique. C'est pourquoi, face à des troubles sévères, les médecins devraient orienter leurs patients vers une aide spécialisée, ce qui ne s’est produit que dans 44 % des cas ».

Sortir d’une telle ornière est toutefois accessible, comme le montre le Dr Adams Hunter (USA) : il s’est rendu célèbre notamment grâce à la haute qualité de sa relation d’aide, ce qui, faits avérés, a permis à ses patients d’avoir moins recours aux médicaments et d’accélérer leur guérison.

Écrit par : Baudouin Labrique | 22/03/2012

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