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29/12/2011

Vers une consultation par téléphone

Les infirmiers et infirmières ne pourront pas remplacer les médecins pour combler le manque d’effectifs lors des gardes de nuit et le week-end, a estimé, samedi, Alda Dalla Valle, président de la Fédération Nationale des Infirmières de Belgique et secrétaire de l’Union générale des Infirmières de Belgique. Le centre d’expertise des soins de santé (KCE) suggérait notamment, vendredi, d’envisager les consultations médicales par téléphone ainsi que les consultations par des infirmiers comme alternatives au manque de médecins de garde. (source: lesoir.be)images6810.jpg

Selon Mme Dalla Valle, la Commission Technique de l’Art Infirmier analyse actuellement la problématique des consultations et des prescriptions d’ores et déjà effectuées par des infirmières. L’objectif de cette étude est de rédiger un avis définissant un cadre légal pour ce type de prestations, afin d’apporter une sécurité non seulement pour les professionnels de la santé mais aussi pour les patients. « La question est de savoir comment rendre légales et applicables ces consultations et prescriptions. Ensuite, il faudra déterminer la nomenclature pour les actes qui seront posés », souligne Mme Dalla Valle.

L’avis, qui devrait être remis à court terme à la ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS), sera contraignant. « Par contre, l’avis portera sur un cadre précis d’actes. Il n’est pas question que les infirmières se substituent aux médecins pour les gardes », insiste-t-elle.

A la demande des cercles de médecins généralistes, qui organisent les gardes, le KCE a examiné les alternatives possibles aux problèmes de manque de candidats médecins de garde. Il évoquait notamment les initiatives déjà existantes : le numéro unique, la fusion des territoires de garde, la création de postes de garde, l’engagement de médecins « gardistes », etc.

Le KCE estimait par ailleurs que, à l’exemple de ce qui se fait dans d’autres pays et notamment au Danemark, les consultations par téléphone et les consultations par des infirmiers « mériteraient aussi d’être envisagées ».

Pour ce qui est des consultations par téléphone, Marc Moens, président de l’Association belge des syndicats médicaux, appelle à la prudence. « Si l’on est face à des choses ordinaires, pourquoi pas ? Cela peut peut-être permettre d’éviter des déplacements inutiles. Mais si l’on est face à quelque chose de grave, la consultation par téléphone ne peut pas être la réponse adéquate », dit-il.

 

Commentaires

Une dérive de plus à redouter dans le paysage déjà fort problématique des soins de santé ?

Extrait du livre « Quand les thérapeutes dérapent » (www.derapeutes.eu) :

« Thérapies par téléphone ou par Internet : il n’est pas concevable d’en réaliser avec efficacité. Un tas d’informations essentielles manquent alors au thérapeute : les signaux non verbaux, les subtilités dans la voix, la proximité empathique… De telles conditions génèrent des effets iatrogènes vu les inévitables discours ou commentaires décalés du thérapeute, qui pourraient être mal vécus par le patient, lequel peut ne pas s’être senti correctement reçu, écouté.
De plus, la thérapie par téléphone encourage la dépendance thérapeutique, notamment parce qu’elle est moins impliquante et qu’elle laisse généralement le patient insatisfait parce qu’elle ne saurait aller au fond des choses. »

Écrit par : Baudouin Labrique | 03/01/2012

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