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28/11/2011

Amiante: on avance

Le tribunal civil de Bruxelles a jugé aujourd'hui le fabricant belge d'amiante Eternit responsable de la mort d'une femme qui habitait à proximité de son usine et l'a condamné à verser 250.000 euros à sa famille, une première décision de ce type en Belgique saluée par les victimes.

La demande faite il y a plus de dix ans par Françoise Jonckheere, l'épouse d'un ancien ingénieur d'Eternit, qui produisait du béton-amiante à Kapelle-op-den-Bos, au nord de la capitale belge, est "fondée", a déclaré le juge devant une quarantaine de proches de personnes mortes du mésothéliome, le cancer causé par l'amiante, en Belgique, en France, en Italie ou encore en Afrique du Sud.



L'ingénieur est décédé du mésothéliome en 1987. Sa femme a elle-même succombé à la maladie en 2000. La famille habitant jusqu'en 1991 à proximité de l'usine, elle estimait avoir été contaminée par l'amiante présente dans l'air ambiant ou par des poussières ramenées à la maison par son mari. Françoise Jonckheere avait fait promettre à ses cinq fils de poursuivre son combat judiciaire, ce qu'ils ont fait. Mais deux d'entre eux sont également décédés d'un cancer de la plèvre.

"Les faits ne sont pas prescrits", a ajouté le juge, en condamnant la société à payer 250.000 euros de dommages et intérêts à sa famille. "Eternit est reconnu responsable du dommage causé à maman. C'est extraordinaire. Justice a été rendue", a immédiatement réagi Xavier Jonckheere, l'un des survivants de cette famille.

Ce procès, le premier en Belgique intenté par des
victimes "environnementales" de l'amiante, pourrait faire jurisprudence, a-t-il estimé. "On va pousser les gens à aller devant les tribunaux", a ajouté le fils de François Jonckheere. Son frère Eric s'est lui aussi réjoui de "la première victoire d'une simple famille contre la multinationale Eternit". "Je suis très heureux de cette décision, même si mes enfants me demandent qui sera 'le suivant'. Je suis moi-même rempli d'amiante", a-t-il ajouté.

L'avocat d'Eternit, Johan Verbist, qui avait plaidé la prescription des faits et estimé que la société avait pris les précautions nécessaires au fur et à mesure de l'avancée des connaissances sur les dangers de l'amiante, a réaffirmé après le jugement que "pour Eternit", il n'y avait pas eu de faute". Il a ajouté que la société examinerait l'opportunité de faire appel.

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