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01/08/2011

Somnolence au volant : les dangers!

En Belgique, la somnolence au volant reste le parent pauvre dans le débat sur la sécurité routière. « Elle est sous-estimée en absence de chiffres précis et de statistiques officielles, note Benoit Godart, porte-parole de l'Institut belge de la sécurité routière. Il n'existe aucune méthode de mesurage objective pour la fatigue, comme c'est le cas pour l'alcool. (souce: le vif)imagesCA3H79DS.jpg

S'il est exact qu'en France, on estime que la somnolence provoque 30 % d'accidents mortels, nous préférons nous appuyer sur des chiffres provenant de l'Observatoire européen de la sécurité routière selon lesquels la fatigue intervient dans 10 à 20 % de tous les accidents mortels. » Cela dit, le problème est réel et la somnolence au volant est aussi dangereuse que l'alcool : une dette de sommeil peut rendre « ivre de fatigue ». Différentes études ont démontré qu'un conducteur qui reste en état d'éveil depuis 17 heures court deux fois plus de risques d'être impliqué dans un accident. Cela correspond au risque d'une personne qui a 0,5 % d'alcool dans le sang. Vingt-quatre heures sans sommeil correspondent à une alcoolémie de 1 %.

Personnes à risques

Trois profils de population sont moins bien lotis face à la somnolence au volant. Les hommes de moins de 25 ans constituent le groupe le plus important et sont six fois plus impliqués dans un accident lié à la somnolence que les conducteurs appartenant à un autre groupe d'âge. Sur le plan physiologique, ils ont un grand besoin de sommeil qui est rarement respecté. Résultat ? 20 % de ces jeunes sont en dette de sommeil qui s'exprime surtout en fin de semaine, lors des sorties de week-end. Le risque d'accident est multiplié par la conduite la nuit, vers 3-4 heures, pendant la période de forte somnolence et, éventuellement, par la prise d'alcool ou de cannabis. Le deuxième profil se recense parmi les adultes de plus de 50 ans souffrant de pathologies médicales et/ou du sommeil qui peuvent favoriser l'hypovigilance. Au dernier groupe appartiennent les travailleurs à horaire irrégulier dont l'horloge biologique est perturbée et dont la dette de sommeil est constante.

Chez Monsieur-et-Madame-Tout-le-monde, le risque de somnolence augmente en fonction de quatre facteurs. Le plus important ? La dette de sommeil. « Depuis le début du XXe siècle, nous avons perdu deux heures de sommeil, indique le Dr. Stéphane Noël, neurologue, spécialiste du sommeil, responsable des Laboratoires du sommeil du CHU André Vésale et de Vivalia Libramont-Arlon. La télé, l'ordinateur et les obligations professionnelles ont chahuté nos nuits. Or, une dette de sommeil multiplie le risque d'accident par trois. » Le deuxième facteur met en relation le risque de somnolence et la baisse de vigilance entre 14 heures et 16 heures et davantage entre 2 et 5 heures. Cette baisse est due à la fluctuation de la température corporelle. Le troisième facteur est lié à la prise de certains médicaments. La liste est longue et on y retrouve, notamment, les anxiolytiques, les antidépresseurs, les antiallergiques, les anti-douleurs, les anti-toussifs, les anti-nauséeux, les médicaments contre l'épilepsie, le diabète et la maladie de Parkinson... Environ 1 200 références sont concernées. Certes, une mise en garde figure bel et bien dans la notice d'accompagnement. Le hic ? Personne ne se donne la peine de la lire attentivement. Les Français, qui ont toujours une longueur d'avance en matière de la prévention, ont trouvé la parade, en rendant obligatoire, depuis 1999, l'apposition sur les emballages extérieurs d'un pictogramme montrant une voiture noire dans un triangle rouge. Le concept a été affiné en 2005 et décliné selon trois niveaux de risques. Le fond jaune invite à la lecture de la notice. Le fond orange conseille de consulter un professionnel de la santé. Le fond rouge signale le danger et déconseille totalement de prendre le volant. « Un médicament potentiellement "dangereux" est retrouvé dans le sang chez environ 10 % des accidentés de la route, tous accidents confondus », souligne le Dr. Stéphane Noël. (souce: le vif)

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