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13/07/2011

Prothèses de hanche : de grandes différences entre hôpitaux

 
 Le patient qui bénéficie d’une prothèse de hanche reste moins longtemps à l’hôpital qu’il y a dix ans et profite plus longtemps de cette prothèse. Des grandes différences subsistent néanmoins entre hôpitaux. Voici les principaux constats d’une étude de la Mutualité chrétienne (MC). Afin d’améliorer la qualité des soins, la MC et les associations scientifiques d’orthopédie, SORBCOT et BVOT, ont travaillé avec les équipes d’orthopédie de trente hôpitaux. Cette collaboration, qui est une première pour notre pays, a permis d’élaborer des recommandations. Les affiliés de la MC peuvent également obtenir des conseils personnalisés s’ils envisagent le placement d’une prothèse de hanche.
 
Le principal risque dans le placement d’une prothèse de hanche est qu’elle doive être remplacée. Ce risque a diminué de presque un tiers au cours des dix dernières années. Cette bonne nouvelle doit cependant être nuancée si l’on compare avec les performances de certains pays, comme la Suède, qui obtiennent depuis longtemps de meilleurs résultats que chez nous.
 
La diminution du risque de remplacement est une avancée significative en soi. Par ailleurs, le patient séjourne aujourd’hui en moyenne 9 jours à l’hôpital, soit deux fois moins longtemps qu’il y a dix ans, et reçoit beaucoup moins souvent de sang. Il faut remarquer aussi que pendant cette même période, les modèles de prothèses sont devenus plus difficiles à placer.
 
Différences entre hôpitaux
De grandes différences subsistent néanmoins entre hôpitaux. Ainsi la durée du séjour dans le service d’orthopédie varie en moyenne de 6 à 17 jours. Les coûts moyens pour l’assurance maladie-invalidité varient eux aussi du simple au double d’un hôpital à l’autre. Pour le patient, ces coûts vont même du simple au triple. Le risque de devoir remplacer une prothèse varie également d’une à dix fois d’un hôpital à l’autre.
 
Les différences peuvent s‘expliquer par des facteurs liés à la situation spécifique du patient ou encore aux types d’implants. Selon les chirurgiens eux-mêmes, plus d’expérience avec un certain type de prothèse mène à de meilleurs résultats. De manière générale, un plus grand nombre d’opérations de prothèses de hanche dans un hôpital influence favorablement les résultats. Enfin, l’organisation des soins au sein de l’hôpital joue également un rôle. Bizarrement, le coût ne semble pas être un élément explicatif.
 
Recommandations
Afin d’améliorer la qualité des soins, la MC et les Associations Scientifiques Belges d’Orthopédie et de Traumatologie, SORBCOT et BVOT, ont élaboré des recommandations à l’attention des équipes d’orthopédie et des hôpitaux. Ces organisations plaident pour qu’une période de test de nouvelles prothèses soit prévue dans un petit nombre d’hôpitaux avant d’autoriser leur lancement sur le marché. Les opérations complexes de révision devraient être également regroupées et confiées à un nombre restreint de chirurgiens spécialisés. Et l’ensemble des interventions devraient être consignées dans un registre national des prothèses de hanche (voir les recommandations en annexe).
 
Enfin, les affiliés de la MC et les médecins généralistes peuvent s’adresser aux médecins-conseils de la MC s’ils souhaitent être accompagnés dans leurs choix en matière de prothèse de hanche.
 
La collaboration entre une mutualité et des associations scientifiques de spécialistes pour améliorer la qualité des soins en Belgique est une première. Cette collaboration a été mise en place il y a deux ans suite à l’étude réalisée par la Mutualité chrétienne. Ensemble, la MC et les associations scientifiques ont rencontré  trente hôpitaux. Les résultats ont été discutés et des améliorations ont été proposées sur base notamment de l’expérience des institutions ayant obtenu les meilleurs résultats. Suite à ces rencontres, 80% des hôpitaux présentant des résultats moins favorables, ont rédigé un plan d’action, qui sera suivi attentivement par la MC et les associations scientifiques.

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