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12/02/2011

Le bon usage du médicament, ça passe par le médecin traitant

Les autorités sanitaires françaises ont publié fin janvier, dans le sillage de l'affaire du Mediator®, une longue liste de médicaments potentiellement 'à risque' et placés sous surveillance renforcée. Certains de ces produits sont commercialisés en Belgique. Le médecin généraliste est l'interlocuteur naturel et idéal pour renseigner un patient sur le bon usage d'un médicament et en évaluer, dans son cas précis, le rapport bénéfice/risque.
Il est légitime que la population belge se pose des questions sur les dangers que pourraient présenter les 77 spécialités officiellement dans le collimateur de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, auxquelles s'ajoutent une douzaine de classes de médicaments, comme certains vaccins. Nombre de ces produits, prescrits par les médecins généralistes, sont d'un usage répandu chez nous.medecin.jpg
La SSMG, Société scientifique de médecine générale, appelle à une communication constructive entre patients et professionnels: les personnes qui prennent ces médicaments ne doivent pas interrompre leur traitement sans en avoir discuté préalablement avec leur médecin traitant.
Pharmacovigilance « Pour décrocher une autorisation de mise sur le marché, les médicaments sont soumis à de longues et rigoureuses procédures, avec identification de leurs effets secondaires. Ce n'est pas pour autant que ceux qui les prescrivent et les consomment doivent relâcher toute vigilance. Le fait qu'un médicament soit commercialisé depuis longtemps n'exclut pas que se manifestent encore, en marge des effets secondaires répertoriés initialement, d'autres phénomènes indésirables. Les populations qui prennent ce produit sont effectivement plus larges que les cohortes testées lors des phases d'essais préalables. Il ne faut donc pas hésiter à s'ouvrir à son médecin d'une réaction, d'un symptôme, potentiellement lié à la prise d'un médicament », conseille le Dr Vanhalewyn, coordinateur général de la SSMG.
Balance bénéfice/risque
Outre cette contribution à la notification des manifestations nocives, les patients belges doivent garder à l'esprit la balance bénéfice/risque. Ce n'est pas la peine de courir de risques inutilement. On n'utilisera pas, pour soigner une affection bégnine, un produit aux effets secondaires notoires. Une douleur banale se soulage en priorité avec du paracétamol, et non avec des anti-inflammatoires dont on sait qu'ils présentent une toxicité gastro-intestinale, pouvant entraîner des ulcérations voire une hémorragie digestive. medecin1.jpg
De nouveau, le mieux placé pour aider son patient à opter pour une réponse proportionnée à un problème de santé, avec des risques calculés - et tolérés - est le médecin traitant. Ce professionnel évaluera en effet, en conditions réelles d'utilisation, selon la nature et la gravité du cas, en fonction des caractéristiques individuelles du patient (âge, affections existantes, antécédents, allergies…) et de l'existence ou non d'alternatives, le rapport bénéfice/risque.
A éviter Il existe indubitablement des formes de mauvais usage ou d'usage inapproprié du médicament. Comme dans le cas du Mediator, destiné aux diabétiques en surpoids mais également utilisé comme coupe-faim, des médicaments sont consommés pour autre chose que l'indication pour laquelle ils sont prescrits. Une autre dérive fréquente et risquée est d'utiliser sans discernement ce qui traîne dans l'armoire à pharmacie familiale. Il n'est pas judicieux non plus de prendre d'initiative un médicament prescrit antérieurement à un proche, même si les symptômes paraissent similaires. De nouveau, le médecin de famille est LA personne à solliciter pour un conseil.
Du reste, il connait un phénomène auquel le public ne songe pas : les interactions médicamenteuses. La prise concomitante ou consécutive de deux (ou plusieurs) médicaments peut avoir des conséquences graves pour la santé, différentes des effets connus et attendus de chacun d'eux administrés séparément. Elle peut aussi entraîner l'échec d'un traitement. « Le patient doit donc éviter les combinaisons improvisées, et ne pas cacher à son médecin qu'il consomme des médicaments en vente libre qu'il s'est procuré en officine.
medecin2.jpgApproches non médicamenteuses Dernier conseil au public : la santé, ce n'est pas une affaire de médicaments, ou pas exclusivement. Les médicaments ne constituent qu'un élément de la prise en charge médicale. Souvent, ils accompagnent ou complètent d'autres mesures à appliquer. « Ne sous-estimez pas les exhortations de votre médecin à adopter des modes de vie plus sains (alimentation équilibrée, exercice physique, cessation tabagique…), elles ne sont pas anecdotiques ou moins importantes que l'approche médicamenteuse. » www.mongeneraliste.be


La Société scientifique de médecine générale (SSMG), fondée à la fin des années 60, regroupe plus de 3.200 médecins de famille en Belgique francophone. Elle a pour objectif premier la formation continue des médecins généralistes auxquels elle propose de nombreuses activités de perfectionnement et d'actualisation de leurs connaissances. www.ssmg.be
Lancé mi-janvier, mongeneraliste.be est un site internet qui sert à enrichir le dialogue médecin/patient et l'éducation thérapeutique. Emanation de la SSMG, il distille de l'information validée scientifiquement, détachée de tout intérêt commercial et rédigée par des médecins et/ou des journalistes scientifiques supervisés par des médecins. www.mongeneraliste.be

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