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09/02/2011

Réalimenter le cœur en sang et en oxygène

Deux experts belges en cardiologie et cardio-chirurgie  – un Flamand (Dr William Wijns – OLV Alost) et un Wallon (Prof. Philippe Kolh – CHU/Université de Liège) – ont été à la tête du groupe des 24 experts européens qui ont travaillé à la création et à l’implémentation des directives européennes sur la revascularisation myocardique dans tous les pays de l’Union. myocarde.jpg

Ces directives découlent, pour la première fois, de la collaboration des deux associations médicales s’occupant du cœur en Europe : l’European Society of Cardiology (ESC), représentant les cardiologues,  et l’European Association for Cardio-Thoracic Surgery (EACTS), représentant les cardio-chirurgiens.

Les objectifs de ces directives se présentent en trois volets :

·         améliorer la prise en charge du patient (pour info, 29% de la mortalité mondiale totale est imputables aux maladies cardio-vasculaires);

·         formaliser la mise en place d’équipes multidisciplinaires appelées « Heart Teams » ;

·         et remettre le patient au centre de la décision de son traitement.

 

Ces jeudi et vendredi 10 et 11 février, les directives européennes sur la revascularisation myocardique seront présentées et adoptées en Belgique lors du congrès annuel de la Société belge de Cardiologie (BSC) lors de son congrès annuel. Grâce à ces nouvelles directives qui seront diffusées et implémentées tour à tour dans tous les pays membres de l’European Society of Cardiology et de l’European Association for Cardio-Thoracic Surgery, les patients seront encore mieux pris en charge.myo.jpg

Qu’est-ce que la revascularisation myocardique ?

La revascularisation myocardique – plus simplement, le fait de réalimenter le cœur en sang et en oxygène – est le terme collectif pour les traitements mis en place en cas de cardiopathies coronariennes (rétrécissements ou obstruction des vaisseaux du cœur). Les manifestations les plus connues étant l’infarctus du myocarde ou crise cardiaque : des caillots de sang dans les artères coronaires empêchent brutalement celui-ci de fonctionner normalement ;  et l’angine de poitrine : les artères coronaires sont partiellement obstruées.  Pour rappel, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde: chaque année, les décès causés  par les maladies cardiovasculaires sont plus nombreux que ceux liés à toute autre cause. On estime à 17,1 millions le nombre de décès imputables aux maladies cardio-vasculaires, soit 29% de la mortalité mondiale totale. Parmi ces décès, on estime que 7,2 millions sont dus à une cardiopathie coronarienne et 5,7 millions à un AVC (dernières statistiques 2004). (Source : Organisation Mondiale de la Santé).


 

Des directives européennes aux couleurs belges pour améliorer la prise en charge du patient

Le Docteur William Wijns du Centre Cardiovasculaire d’Alost et le Professeur Philippe Kolh du Département de chirurgie cardiovasculaire au CHU/Université de Liège ont activement travaillé à la rédaction de ces directives depuis 2008. Un travail de longue haleine pour les deux Belges en tant que Présidents du groupe des 24 experts européens élaborant les directives. Leur travail permettra d’améliorer la qualité de la prise en charge et du traitement du patient dans les pays où ces recommandations seront appliquées.  William Wijns explique : « Ces directives s’inscrivent dans un contexte d’évolution thérapeutique et technique : un panel de solutions s’offre aujourd’hui aux cardiologues pour traiter leurs patients : chirurgie, stents, bypass, médicaments, etc. Mais plus de possibilités ne facilite pas le choix du traitement. Ces directives ont donc pour but de remettre le patient au centre de la décision et de mettre sur papier des indications pour la revascularisation et les modalités les plus appropriées pour y arriver ». William Wijns ajoute : « Ces nouvelles directives répondent également mieux au vieillissement de la population et à l’apparition de plus en plus fréquente de patients ‘complexes’, comme par exemple les patients qui présentent des comorbidités telles que le diabète ou d’autres maladies cardiovasculaires ». myoc.jpg

 

Heart Team : formaliser la mise en place d’équipes multidisciplinaires

Afin d’aider les équipes médicales européennes dans la voie de l’amélioration de la qualité de la prise en charge, le concept de « Heart Team » - littéralement « équipe du cœur » - a été approfondi.  Le Professeur Philippe Kolh explique : « Une Heart Team est un rassemblement d’experts de différentes disciplines. Une Heart Team doit au minimum être composée d’un cardiologue interventionniste, d’un cardiologue clinique, et d’un cardio-chirurgien qui discutent du meilleur traitement pour le patient. En cas de besoin, on peut également faire appel aux médecins généralistes, anesthésistes, gériatres, etc. selon les cas. Ce concept de Heart Team formalise  ainsi la création d’équipes multidisciplinaires. Celles-ci s’avèrent très utiles dans les cas complexes : discuter les pours et les contres de tel ou tel traitement et confronter les points de vue des cardiologues, chirurgiens, etc. est crucial. »  Dans certains pays, des équipes multidisciplinaires sont déjà en place, mais dans d’autres, il faut encore que le concept entre dans les mentalités. La diffusion et l’implémentation des directives permettront d’accélérer le processus, le but final étant d’arriver à la meilleure solution pour chaque patient.

 

Remettre le patient au centre de la décision

Un autre aspect qui est particulièrement mis en avant dans les nouvelles directives est la place du patient au sein de la décision du traitement. Philippe Kolh  explique : « Il est important que les docteurs offrent aux patients l’opportunité d’influencer la réponse que l’on va donner à leur condition. Il est clair que dans des cas aigus une telle flexibilité sera difficile à mettre en place, mais pour les 30% de patients qui se trouvent dans un état stable, être acteur de son traitement est un facteur important. Un traitement immédiat mais temporaire comme l’implantation d’un stent peut s’avérer ne pas être un bon choix pour certains patients. En fonction de leur style de vie ou de leurs responsabilités, certains pourraient préférer une procédure chirurgicale qui offrira un résultat à long terme ».

Grâce à ces nouvelles directives qui seront diffusées et implémentées tour à tour dans tous les pays membres de l’European Society of Cardiology et de l’European Association for Cardio-Thoracic Surgery, les patients seront encore mieux pris en charge. Ces jeudi et vendredi 10 et 11 février, la Société Belge de Cardiologie (BSC) donnera son accord pour la mise en application de ces directives en Belgique.  L’Association belge pour la chirurgie cardio-thoracique (BACTS), quant à elle, les approuvera dans la foulée.

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