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06/12/2010

2,9 millions de Belges confirment souffrir de douleur chronique

Un Européen sur cinq souffre de douleur chronique. En Belgique ce chiffre paraît encore plus important : pas moins de de 2,9 millions de Belges, soit 27,2%  confirment souffrir de douleur chronique et 73% d’entre eux ressentent même une douleur quotidienne. Pour eux, chaque jour se révèle donc synonyme de« la journée de la douleur chronique ». douleur.jpgPlus d’un quart (26%)  ont été contraints d’attendre plus d’un an pour obtenir un diagnostic correct et 91% des médecins généralistes affirment souhaiter obtenir une formation et des directives supplémentaires sur le traitement des patients souffrant de douleur chronique. Cette approche inadéquate n’entraîne pas seulement des problèmes psychologiques ou un isolement social des patients; l’impact financier est également énorme, tant pour le patient que pour la société. Il ne s’agit ici que de quelques chiffres parmi les résultats impressionnants d’une récente étude européenne sur la douleur chroniqueiii. A travers la campagne de sensibilisation européenne et l’action de pétition ‘Can you feel my pain?’ Pfizer entend, en collaboration avec les principales associations de patients et organisations sociales de toute l’Europe, améliorer la qualité de vie et les droits des patients.

 

Les maux de dos (67%), douleurs articulaires (59%), douleurs cervicales (30%), fybromyalgie (21%) et arthrite (23%) sont les cinq causes principales de douleurs dont souffrent les patients belges de douleur chronique. Pratiquement chacune de ces maladies survient plus fréquemment auprès des patients belges que dans le reste de l’Europe. Par ailleurs, 55% des Belges souffrant de douleur chronique affirment que leur douleur n’est pas traitée de manière appropriée. Ici aussi, la Belgique obtient un résultat plus mauvais que la moyenne européenne (38%) iii.

 

La situation a un impact évident sur l’environnement professionnel et privé des patients : 68% ressentent une pression énorme pour retourner rapidement au travail et quand, malades, ils restent chez eux, 28% craignent de perdre leur emploi et 21% affirment même ne pas être en état de travailler à cause de leur maladie. Les patients souffrent de ne pas être pris au sérieux : 50% pensent que le monde extérieur doute de la véracité de leur douleur, 26% ont même déjà été accusés de prétexter des douleurs pour ne pas devoir travailler. 39% affirment que la maladie a un effet négatif sur leurs relations avec leurs amis et leur famille et 31% se sentent carrément isolés socialement.  douleur2.jpg

 

Coûts des soins de santé

 

Le fait que des gens ne soient (pratiquement) pas en mesure d’aller travailler, provoque bien entendu un impact négatif sur leurs revenus. Et ce alors que les coûts liés au traitement des patients peuvent atteindre des sommes très importantes. Aucune étude n’a à ce jour été réalisée en Belgique pour évaluer le coût de la douleur chronique pour la société, mais une étude prospective auprès de patients neuropathiques a permis de chiffrer les coûts mensuels par patient à environ 438,4 euro. Et chaque année, l’absentéisme coûte à la société l’équivalent de 4.429 euro par patient.

 

Le Prof. dr. Steven Simoens du Onderzoekscentrum voor Farmaceutische Zorg en Farmaco-economie (centre de recherche pour les soins pharmaceutiques et la pharmaco-économie) de la KUL a ajouté : “Aujourd’hui, il est parfois difficile de connaître les interlocuteurs attitrés pour les patients souffrant de douleur chronique. Un patient en état dépressif peut s’adresser à un psychiatre, un patient diabétique se tournera vers un endocrinologue, mais à qui un patient souffrant de douleur chronique doit-il s’adresser pour obtenir une consultation? Une nouvelle gestion approfondie et efficace du traitement de la douleur chronique s’impose donc, avec le développement d’un tracé de soins pour le diagnostic et le traitement des patients atteints de douleur chronique.”.

Traitement

En Belgique, les patients souffrant de douleur chronique tentent d’atténuer leurs douleurs principalement par le biais de médicaments (73%), de la physiothérapie (32%) ou de l’ostéopathie (20%). Le Belge est particulièrement adepte de cette dernière forme de traitement : la moyenne européenne se situe ici à seulement 7%. Pour trouver de l’aide, les patients belges s’adressent avant tout à un généraliste (75%) ou un spécialiste (73%)iii. Pourtant, une étude européenne récente autour de la douleur chronique a révélé que 91% des généralistes souhaitent suivre une formation et obtenir des directives supplémentaires sur la douleur chronique. Au cours des 12 derniers mois, les généralistes belges n’ont suivi en moyenne que 3,8 heures de formation sur le diagnostic, le traitement et l’assistance de la douleur chronique, ce qui est nettement inférieur à la moyenne européenne (10,8 heures). 

En Belgique, tant pour les médecins, que pour les kinésithérapeutes, les psychologues et le personnel des soins de santé, les possibilités de formations quant à la douleur chronique, sont dispersées sur l’ensemble du pays, ce qui ne facilite pas une approche cohérente de la problématique. Dr. Anne Berquin de l’UCL précise:

"L'enseignement traditionnel de la médecine, essentiellement focalisé sur les facteurs biologiques et sur une approche curative, est inadéquat dans le domaine de la douleur chronique. En effet, celle-ci est favorisée et entretenue par un enchevêtrement complexe de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux, qui s'influencent mutuellement. La prise en charge ne permet que rarement de guérir le problème et vise plutôt à accompagner les patients dans une démarche visant à 'mieux vivre avec une douleur persistante'. Ceci explique pourquoi de nombreux professionnels de la santé se sentent démunis face à ces patients. Il est essentiel que des formations adaptées à la complexité de la douleur chronique puissent être mises en place."

Afin d’attirer l’attention sur ce problème, Pfizer a démarré, en collaboration avec les principales associations de patients et organisations sociales de l’Europe entière, une campagne de sensibilisation et une action de pétition ‘Can you feel my pain?’ qui se fixe pour objectif d’améliorer la qualité de vie et les droits des patients. Celles et ceux qui souhaitent obtenir de plus amples informations sur cette étude européenne ou partager leur propre expérience de la douleur chronique ou signer la pétition, peuvent consulter le site http://www.madouleur.be/.

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