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17/11/2010

Nouveauté dans la guerre contre le cancer

 L’Université de Liège a présenté  TARGETOME s.a., la dernière née de ses spin-offs qui est aussi la première issue de son centre de génoprotéomique appliquée GIGA. Basée sur les recherches menées par le laboratoire de recherche sur les métastases du GIGA-Cancer, dirigé par le Pr Vincent Castronovo, la société Targetome exploite une nouvelle technique d’identification de biomarqueurs spécifiquement surexprimés dans certains cancers et des métastases cancéreuses. Cette nouvelle technique d’identification de biomarqueurs tumoraux brevetée par le Pr Castronovo est une première étape vers la mise au point de méthodes diagnostiques et des thérapies anti-cancers d’un genre nouveau, permettant la détection précoce, la localisation précise des cellules malignes et leur destruction sélective.

 

« Avec la découverte de ces biomarqueurs spécifiques d’une importance majeure, la médecine pourra à terme envisager de mener une ‘guerre propre’, ciblée et personnalisée contre certains types de cancer, déclare le Pr Vincent Castronovo. De nouvelles perspectives s’ouvrent pour la prise en charge diagnostique et thérapeutique des patients. Nous allons vers des traitements sélectifs d’immunociblage qui auront l’avantage d’épargner les tissus sains pour se concentrer sur les seules cellules cancéreuses.»

 

UNE CINQUANTAINE DE BIOMARQUEURS IDENTIFIES

 

L’originalité de la technique mise au point par le Pr Castronovo (In-vitro method for screening accessible biological markers in pathologic tissues) repose sur le fait qu’elle permet, contrairement aux techniques antérieures, d’identifier des biomarqueurs (cibles) qui rencontrent les trois qualités indispensables d’une cible utile à haute valeur ajoutée : abondance, spécificité et surtout accessibilité. Son approche est unique car elle identifie des cibles thérapeutiques potentielles par la voie qui sera in fine utilisée pour l’administration de la thérapie ciblée, à savoir la voie sanguine.

 

Le recours aux échantillons de la biobanque de tissus humains du CHU de Liège et le know how exceptionnel en analyse par spectrométrie de masse de protéines surexprimées et accessibles en oncologie du laboratoire du Pr Edwin de Pauw (ULg) ont largement contribué à l’efficacité et à la rapidité de la mise au point de cette nouvelle technique d’identification de biomarqueurs.

 

Protégée par brevet par l’ULg, cette technique a déjà permis d’identifier une cinquantaine de biomarqueurs surexprimés, et en partie validés, dans six types de cancer : cancer du sein, lymphome hodgkinien (tumeur du système lymphatique), glioblastome (cancer du cerveau), métastases osseuses, métastases hépatiques (foie) et cancer du pancréas.

 

Ces biomarqueurs constituent des cibles pour de nouveaux programmes d’immunociblage au moyen d’anticorps monoclonaux adaptés soit pour l’imagerie (les anticorps  marqués par un isotope radiocatif serviront de traceurs et permettront d’affiner le diagnostic avec une précision inégalée), soit pour une thérapie ciblée (les anticorps seront alors construits pour délivrer les substances anti-cancéreuses dans les cellules malades exclusivement).

 

« Les traceurs d’imagerie et les anticorps pour la thérapie ciblée développés à partir des biomarqueurs de Targetome représenteront une révolution en oncologie : l’offre d’une réelle thérapie personnalisée qui concentrera d’un facteur 100 l’agent toxique uniquement au niveau des cellules cancéreuses du malade ! », souligne le Pr Castronovo.

 

DEVELOPPEMENT AVEC L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE

 

Targetome s.a. se positionne comme une société de R&D en biotechnologie. Compte tenu des coûts énormes de développement (surtout en raison des essais cliniques à réaliser) pour la mise sur le marché de nouveaux anticorps monoclonaux, la stratégie de Targetome vise à concéder des licences sur les cibles validées et brevetées à des entreprises pharmaceutiques.

 

Pour les biomarqueurs les plus prometteurs, Targetome ira jusqu’à la production d’anticorps monoclonaux nécessaires aux essais précliniques (in vitro et sur souris). Ces anticorps monoclonaux seront développés en collaboration avec ProGenosis, une autre spin-off de l’ULg hébergée au GIGA, et le Centre agréé d’économie Rurale (CER) de Marloie. Les anticorps monoclonaux validés seront brevetés et licenciés à des entreprises pharmaceutiques à un prix plus élevé que les licences sur les seuls biomarqueurs. « Dans une première phase, Targetome axera son développement sur les biomarqueurs spécifiques des métastases hépatiques et du cancer du pancréas », précise le Pr Castronovo.

 

Targetome s.a. est pour le moment capitalisée au minimum légal de 62.500 € par Gesval s.a. et les fondateurs. Le capital sera bientôt porté à 300.000 € par la participation de Spinventure s.a. et d’investisseurs privés.

 

Targetome participe au projet Radiotarget du pôle de compétitivité wallon Biowin. L’objectif est de mettre au point un outil de production de Rhénium-188 pour le marquage d’anticorps thérapeutiques pour de nouvelles cibles validées par Targetome dans le traitement des métastases hépatiques.


A propos des structures de valorisation de la recherche à l’Université de Liège

A la base du processus de valorisation se trouve l’Interface Entreprises-ULg, composée d’une équipe pluridisciplinaire chargée de détecter et d’accompagner les projets. Gesval s.a. se charge ensuite du transfert et de la valorisation des recherches vers le monde économique tout en s’assurant de la protection intellectuelle des découvertes (gestion des brevets et licences). Elle recourt à ses partenaires spécialisés pour la propriété intellectuelle (Picarré asbl), le montage et l’accompagnement de projets (Cide-Socran, en collaboration avec le groupe Meusinvest) et le capital d’amorçage des spin-offs (Spinventure s.a., filiale du groupe Meusinvest et de Gesval). Les nouvelles spin-offs peuvent être accompagnées dans leurs premières années d’existence par des incubateurs spécialisés comme WSL (Wallonia Space Logistics) pour les sciences spatiales et de l’ingénieur, ou WBC (Wallonia Biotech Coaching) pour les sciences du vivant. A ce jour, l’ULg a créé 95 spin-offs, dont plus de la moitié depuis l’an 2000. Plus de 80% sont toujours en activité. Ces spin-offs représentent un chiffre d’affaires cumulé de 150 millions € et plus de 1500 emplois dont 80% en région liégeoise. Outre Targetome, 2010 a vu également la création des spin-offs D-Lineo (développement et commercialisation de bureaux collaboratifs virtuels), Ampacimon (monitoring on line des lignes à haute tension) et Artialis (diagnostic précoce de l’arthrose).

www.interface.ulg.ac.be

 

GIGA

Le Groupe Interdisciplinaire de Génoprotéomique Appliquée (GIGA) est une structure unique en Belgique, implantée au sein de l’Université de Liège, qui intègre un centre d’excellence en recherche académique, 7 plates-formes technologiques, un bureau de transfert technologique, un espace d’implantation d’entreprises biotechnologiques ainsi qu’un incubateur et un centre de formations continuées en biotechnologie, le tout axé sur les approches de génoprotéomique. Le lien étroit avec la CHU de Liège et les cliniciens permet de développer la recherche translationnelle et de faire bénéficier les patients des avancées scientifiques. Le GIGA compte plus de 550 chercheurs, dont 175 pour le GIGA-Cancer.

www.giga.ulg.ac.be

 

RADIOTARGET, projet du pôle de compétitivité Biowin de Wallonie, regroupe la filiale de IRE-Elit (Institut National des Radioéléments – Environmental and Lifescience Technologie de Fleurus), le Laboratoire de Recherche sur les Métastases du Pr Castronovo au GIGA-Cancer (ULg), le Centre de Recherche du Cyclotron (Pr Luxen, ULg), le Centre for Microscopy and Molecular Imaging (Pr Goldman, ULB) et Targetome s.a. Il est doté d’un budget global de plus de 2 millions € dont 600.000 € pour Targetome s.a., ce qui permettra à la spin-off ULg l’engagement immédiat de deux scientifiques.

www.biowin.org

 

In-vitro method for screening accessible biological markers in pathologic tissues : la technique mise au point et brevetée se base sur la méthode de marquage des protéines accessibles par une solution de biotine. Le Pr Vincent Castronovo a développé une technique simple, rapide et efficace permettant d’identifier les marqueurs biologiques accessibles dans les tissus humains provenant de biopsies et d’organes non perfusables (technique de diffusion ex vivo par biotinylation).

 

Anticorps monoclonaux : anticorps provenant d’une et même souche de globules blancs et présentant toujours les mêmes caractéristiques, plus particulièrement la même spécificité pour le même antigène.

 

L’immunociblage des tumeurs (ciblage des tumeurs par des anticorps) apparaît aujourd’hui comme une alternative aux traitements non spécifiques du cancer, comme la chimiothérapie. L’immunociblage consiste à identifier des biomarqueurs protéiques (antigènes) qui sont spécifiquement exprimés dans le cancer. Ces biomarqueurs pourront servir de cibles thérapeutiques ou diagnostiques pour des anticorps.

 

Commentaires

Bonjour,
J'aimerais savoir si une personne souffrant d'un cancer généralisé pourrait vraiment espérer une guérison (notamment tumeur dans le canal rachidien).
C'est à la suite d'informations télévisées que je vous écris, mon amie d'enfance vit à Paris et subit un traitement de morphine et dérivés.
D'avance je vous remercie pour votre réponse.
Meilleurs sentiments,
Nelly Bachrach
Rue Lambert Vandervelde 58
1170 Bruxelles Tél. 02 660 16 74

Écrit par : Nelly Bachrach | 25/11/2010

Bonjour,
J'aimerais savoir si une personne souffrant d'un cancer généralisé pourrait vraiment espérer une guérison (notamment tumeur dans le canal rachidien).
C'est à la suite d'informations télévisées que je vous écris, mon amie d'enfance vit à Paris et subit un traitement de morphine et dérivés.
D'avance je vous remercie pour votre réponse.
Meilleurs sentiments,
Nelly Bachrach
Rue Lambert Vandervelde 58
1170 Bruxelles Tél. 02 660 16 74

Écrit par : Nelly Bachrach | 25/11/2010

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