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15/11/2010

7,4 % de tous les nouveau-nés viennent au monde trop tôt

 

17 novembre 2010 : « Journée mondiale des prématurés »

  Les risques et conséquences de la prématurité sur la santé et le développement peuvent être lourds et multiples.  Deux grands types de complications reviennent régulièrement : les complications respiratoires et neurologiques. Elles sont dues au fait que les prématurés naissent alors que leur organisme n’est pas encore complètement développé (système respiratoire incomplet, petite taille…). La « journée mondiale des prématurés » est l’occasion de mettre l’accent sur le problème qui existe en matière de prise en charge et de suivi des plus vulnérables d’entre nous et sur la discrimination qui existe encore pour le traitement préventif contre les infections dues au virus syncytial qui entrainent des bronchiolites.  

En signe de solidarité vis-à-vis des prématurés, les parents de nouveau-nés porteront, ce 17 novembre, un badge vert affichant : « Tous les bébés n’ont pas les mêmes chances. C’est pour eux que je me bats ! » . Cette action se déroulera dans 4 hôpitaux belges (Erasme à Bruxelles, AZ Sint-Jan à Bruges, UZ Gasthuisberg à Louvain et le CHR à Namur).

Cette action symbolique de solidarité est organisée par une plateforme de prématurité composée par l’association de parents VVOC,  « la Vlaamse Vereniging voor Ouders van Couveusekinderen », membre de l’European Foundation for the Care of Newborn Infants, et par des  spécialistes (avec le soutien d'Abbott), qui continuent à se mobiliser pour dénoncer les incohérences dans la protection et le suivi des bébés les plus vulnérables et la discrimination fondée sur l'âge de la prématurité. « Nous remercions les jeunes parents qui ne sont pas impliqués directement, pour le soutien aux parents des enfants prématurés. Ces enfants vulnérables ont un grand besoin de protection et de suivi spécialisés. Nous sommes particulièrement heureux que le monde politique commence à prêter attention aux enfants prématurés et ait décidé de débloquer un budget supplémentaire. », conclut Mirjam Beyers, présidente de la VVOC (association flamande des parents d’enfants prématurés).

La table ronde du 4 mars dernier, organisée par 3 politiciennes à la demande de la plateforme de prématurité, fut l'occasion de préparer un projet de résolution qui a été déposé le 13 octobre demandant les éléments suivants.

1. La mise en œuvre d’un système d’enregistrement uniforme des naissances prématurées.

-        Ce système permettrait de savoir où se trouvent les prématurés afin de les diriger au mieux vers les soins les plus adaptés.

-        Ces données permettraient également de mieux comprendre la complexité du phénomène, de l’étudier et d’en tirer les conclusions nécessaires afin d’utiliser les moyens de prévention adaptés. 

2. La mise en place d’un système de suivi uniforme, multidisciplinaire et systématique à savoir :

-        Revoir systématiquement les enfants nés prématurément dans le but de surveiller leur développement moteur, neurologique et respiratoire et leur santé en général, avec l’aide, si nécessaire, d’une équipe multidisciplinaire incluant des professionnels de la santé comme des néonatologues, des pédiatres, des kinésithérapeutes…) ; 

-        Collaborer avec les pédiatres afin d’appliquer la proposition concrète de consensus concernant le suivi des prématurés. Ce consensus reprend le processus médical à suivre, la durée du suivi des enfants prématurés et l’organisation des soins ;

-        Implanter une politique uniforme en matière de suivi et prévoir un financement structurel pour toute la Belgique. 

3. L’assurance d’une prévention optimale des prématurés contre les infections les plus graves,

c’est -à-dire :

-        Fournir une meilleure information aux parents sur les facteurs externes favorisant la survenue de complications respiratoires (ex. les facteurs climatiques comme l’hiver et humidité, la pollution comme le tabac et le risque d’infection en côtoyant des proches souffrant d’affections respiratoires contagieuses comme le rhume, la grippe) ;

-        Elargir le remboursement du traitement préventif contre  les infections à VRS (virus respiratoire syncytial), dont la plus fréquente est la bronchiolite aux prématurés nés entre la 32e et la 35e semaine de grossesse. Chaque année, la bronchiolite touche en Belgique, entre octobre et mars, près de 6 000 nourrissons*Dans la plupart des cas, cette infection est bénigne, mais elle peut s’avérer plus sévère chez les enfants plus vulnérables et entrainer une hospitalisation en soins intensifs. Il est toutefois possible de diminuer le risque d’infection et les conséquences plus sérieuses à court terme (déficience respiratoire, surinfections, pneumonie, nouvelle hospitalisation) ainsi qu’à long terme (asthme) en leur permettant de bénéficier d'un traitement préventif.  

« Les prématurés présentent une résistance faible face aux infections car leur immunité se construit principalement à la fin de la grossesse. De plus, leur système respiratoire est encore immature et est extrêmement vulnérable. Cette fragilité respiratoire, combinée à un système immunitaire plus faible,  peut mener à une forme grave de la bronchiolite nécessitant une hospitalisation », déclare le Prof. Bart Van Overmeire, président de l'Association belge de néonatalogie. «Chaque année, nous voyons des prématurés qui, malgré le risque, sont exclus du traitement préventif de la bronchiolite parce qu’ils sont nés juste trop tard, après la 32ème semaine de grossesse. C’est dans ce cadre qu’une résolution a récemment été déposée. D’autres points importants figurent dans cette résolution comme l’importance d’un suivi national uniforme, multidisciplinaire et systématique des enfants dont le poids ne dépasse pas 1500 grammes à la naissance et un système d’enregistrement de tous les prématurés dans notre pays.»


La proposition complète de la résolution politique et le rapport de la table ronde politique sont disponibles sur le site web de la VVOC : www.vvoc.be

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