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14/10/2010

Inégalités en matière de santé

Le cinquième rapport des résultats de l'Enquête de Santé nationale 2008-2009 sur la problématique des inégalités socio-économiques en santé en Belgique est désormais accessible sur le site Internet de l'Institut Scientifique de Santé Publique. L'Enquête de santé est réalisée tous les quatre ans par l'Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP) avec le soutien de toutes les instances politiques compétentes en matière de santé : le Gouvernement fédéral, les Communautés et les Régions. Cette enquête a été menée auprès de 11.250 personnes tirées au sort dans 159 communes.

Le thème des "inégalités socioéconomiques en matière de santé" est au centre de l'intérêt de l'enquête de santé depuis ses débuts (1997). Chaque rapport publié dans le cadre de l'enquête de 2008 a présenté les indicateurs de santé en fonction, entre autre, du niveau d'éducation du ménage. On a pu ainsi se faire une première idée des inégalités sociales potentielles dans le domaine de la santé. Ce cinquième rapport aborde cette problématique plus en détail pour un nombre déterminé d'indicateurs de santé.

Les analyses dans le cadre de ce rapport poursuivent deux objectifs distincts :

- Décrire les inégalités sociales en matière de santé - Suivre l'évolution dans le temps de ces inégalités (1997-2008)

Quelques résultats saillants sont extraits de ce rapport : par exemple, le lien étroit entre l'évaluation de son état de santé (comme étant très mauvais à très bon) et le niveau d'éducation. Ainsi, moins les personnes sont scolarisées, plus elles indiquent être en mauvaise santé. Ce lien avait déjà été mis en évidence lors de la première enquête en 1997. Les inégalités sociales à ce sujet sont donc demeurées inchangées…

On observe aussi une association claire entre la prévalence des affections chroniques et le niveau d'éducation. Si les maladies chroniques touchent 20% des personnes issues des milieux ayant eu accès à l'enseignement supérieur, ce pourcentage augmente systématiquement lorsque le niveau d'éducation baisse, pour atteindre 44% dans les milieux les moins instruits (enseignement primaire ou sans diplôme). Le fait que les inégalités sociales s'expriment au niveau des maladies chroniques est également une constante à travers le temps.

L'usage quotidien du tabac n'est pas uniformément distribué dans la société. Dans les classes les plus instruites, 13% des individus fument quotidiennement. Ce pourcentage varie entre 22% et 29% dans les classes de la population qui n'ont pas effectué d'études supérieures. Autrement dit, le risque d'être fumeur quotidien est 3,7 fois plus élevé dans le milieu le moins scolarisé par rapport au milieu ayant eu accès aux études supérieures. Les résultats montrent en outre que chez les femmes, les inégalités sociales au regard du tabagisme tendent à augmenter dans le temps.

En revanche, aucune indication d'inégalités sociales n'a pu être décelée pour ce qui concerne les contacts avec un médecin généraliste. Ceci contraste avec les résultats concernant les contacts (ambulatoires) avec un médecin spécialiste, où les personnes moins scolarisées font moins souvent appel à leurs prestations que les personnes plus instruites.

Les médicaments prescrits sont utilisés dans la même mesure dans toutes les couches sociales de la population. Il en va pourtant autrement pour les médicaments de comptoir (non prescrits), où un véritable gradient social est observé : plus le niveau d'éducation est élevé, plus l'usage des médicaments non prescrits est fréquent.

Le prochain rapport de l'Enquête de Santé de 2008 portera sur la santé des personnes âgées. Il est prévu pour le mois de novembre 2010.

RAPPORT ET RESULTATS PRINCIPAUX : www.enquetesante.be

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