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12/10/2010

20% des femmes et 5% des hommes de plus de 50 ans souffrent d’ostéoporose

En Belgique, 20% des femmes et 5% des hommes de plus de 50 ans souffrent d’ostéoporose. Une des conséquences dramatiques de l’ostéoporose sont les fractures osseuses, parmi lesquelles les fractures vertébrales sont les plus fréquentes. Les fractures vertébrales causées par l’ostéoporose sont souvent considérées comme de simples maux de dos ou de l’arthrite. Elles ne sont que rarement portées à l’attention des spécialistes et ne sont donc ni diagnostiquées ni traitées.  Même quand elles sont référées à un médecin, seulement 40% des femmes âgées  souffrant de fractures vertébrales visibles par rayons X (et moins de 20% des hommes) sont testées pour l’ostéoporose. Le Professeur Steven Boonen, attaché à l’Université de Leuven (Belgique) et membre du Conseil de Direction du  Belgian Bone Club, explique: “Il est essentiel d’identifier et de traiter les fractures vertébrales  avant que la colonne ne se fracture une fois de plus.  Sans traitement, au moins 1 femme sur 5 ayant eu une fracture vertébrale en aura une seconde dans l’année qui suit.”

 

 

Lors de la conférence de presse qui s’est déroulée aujourd’hui à Bruxelles, la Fondation internationale contre l’Ostéoporose (IOF), le Belgian Bone Club et le Groupe d’Intérêt du Parlement européen sur l’Ostéoporose ont appelé les professionnels de la santé et les instances sanitaires en Europe à prendre des mesures de prévention contre les fractures vertébrales. Cet appel a été fait à l’occasion de l’inauguration de l’exposition photographique[1] « snap! the breaking spine » (la colonne vertébrale brisée), en marge de la Journée mondiale contre l’Ostéoporose qui aura lieu le 20 octobre 2010.

snap! the breaking spine décrit une journée dans la vie de six personnes souffrant de fractures vertébrales ostéoporotiques au Brésil, au Canada, en Inde, en Jordanie et en Suisse. Touchantes mais aussi porteuses d’espoir, ces images fournissent un portrait intime de personnes souffrant d’ostéoporose et présentent les difficultés quotidiennes auxquelles elles sont confrontées.

Les répercussions des fractures vertébrales sont sérieuses.  Elles peuvent causer un dos voûté, des douleurs aigües et chroniques ou une perte de stature. Une mobilité réduite, une dépression, un nombre accru de jours d’alitement, une fonction pulmonaire diminuée et même une mort prématurée sont également les conséquences possibles de fractures répétées de la colonne vertébrale. 

 

 

Les fractures vertébrales, une problématique socio-économique ignorée

Les fractures vertébrales constituent également un poids socio-économique non négligeable. On estime qu’au niveau mondial, une vertèbre se fracture  toutes les 22 secondes. «En Europe, les nouveaux cas de fractures vertébrales ont coûté € 719 millions pour la seule année 2000 », rapporte le Professeur Jean-Yves Reginster de l’Université de Liège (Belgique) membre du Conseil de Direction du Belgian Bone Club.  Au Royaume-Uni, les fractures vertébrales causent 2.188 hospitalisations par an chez les patients de 45 ans et plus, alors que seule une minorité de cas est prise en charge cliniquement. Outre les  coûts directs, les coûts indirects sont souvent oubliés: comme le nombre de jours de travail perdus, les soins médicaux et les conséquences à long terme sur la qualité de vie ou la possibilité de mener une vie active.

 

De plus, au vu du vieillissement de la population, on prévoit pour les 40 prochaines années un accroissement massif des coûts liés aux fractures ostéoporotiques. La population européenne âgée de plus de 80 ans augmentera de 160% chez les femmes et de 239% chez les hommes entre 2000 et 2050. En conséquence, les dépenses directement liées aux fractures ostéoporotiques en Europe devraient bondir de € 36 milliards par an actuellement à € 54 milliards en 2025 et € 77 milliards en 2050.


« La prévention de toutes les fractures ostéoporotiques, y compris les fractures vertébrales, doit devenir une priorité de santé publique. Le diagnostic et la prise en charge précoce des individus à haut risque contribueraient à diminuer le nombre de fracture ainsi que le poids de la maladie. La qualité de vie des personnes souffrant d’ostéoporose s’en trouverait grandement améliorée », a déclaré Mme Patrice McKenney, Directrice générale de l’IOF (International Osteoporosis Foundation), à l’issue de la conférence. 

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