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05/10/2010

Résultats de 6 ans de dépistage organisé du cancer du sein

 

 

L’Agence intermutualiste (AIM), qui analyse les données de santé de toutes les mutualités, vient de publier son septième rapport d’évaluation du programme de dépistage du cancer du sein. Ce rapport fait le bilan de six ans de programme de dépistage organisé.

 

En Belgique, près de 1.300.000 femmes sont concernées par ce programme dont l’objectif est d’alléger le traitement des tumeurs diagnostiquées à un stade précoce et, bien sûr, de diminuer la mortalité par cancer du sein.

 

Le dépistage organisé est un élément majeur de la lutte contre le cancer du sein. Mis en œuvre par les communautés, ce programme de dépistage organisé permet à toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans d’être dépistées gratuitement, tous les deux ans, par un mammotest. Ce test répond aux normes de qualité du programme d’action « Europe Contre le Cancer ». L’équipement est soumis à des contrôles stricts de qualité, les résultats du mammotest sont examinés par un second radiologue indépendant et tous les résultats sont enregistrés pour permettre le contrôle de qualité.

 

Dans son rapport, l’AIM établit une distinction claire entre le programme de dépistage organisé - via le mammotest - et la mammographie diagnostique classique, réalisée spontanément (dépistage opportuniste) et/ou sur base de plainte et n’entrant dès lors pas dans le cadre du dépistage organisé. A noter que le dépistage opportuniste n’offre pas toujours les garanties d’accessibilité et de qualité du dépistage organisé et a un coût supplémentaire important pour la société. En effet, la mammographie classique, suivie d’une échographie, coûte 50€ de plus que le mammotest. Après remboursement, elle coûte encore près de 15€ pour la femme.

 

Le dernier rapport de l’Agence intermutualiste dresse une série de constats intéressants : 

 

Un taux de couverture globale en augmentation

 

En Belgique, avant le lancement du programme en 1999-2000, 38% des femmes âgées de 50 à 69 ans se faisaient spontanément dépister par mammographie classique. En 2006-2007, le taux de couverture globale (via mammotest et/ou mammographie classique) est passé à 61%, dont 30% dans le cadre du programme de dépistage organisé.

 

Bien que l’on se rapproche de l’objectif européen, les efforts doivent être maintenus pour atteindre les 75% de couverture recommandés, ce qui devrait permettre d’obtenir une diminution de la mortalité de 30%.

 

Une meilleure accessibilité, aussi auprès des femmes issues de milieux défavorisés

 

Le programme de dépistage organisé a permis de sensibiliser et de recruter, de nombreuses femmes qui n’auraient probablement pas bénéficié d’un dépistage : les femmes les plus âgées et les femmes issues de milieux défavorisés. Néanmoins, des efforts restent à faire. En effet, malgré la gratuité du mammotest, on enregistre un taux de couverture globale de 23% inférieur chez les femmes issues de milieux défavorisés par rapport au reste de la population.

 

A noter toutefois que 24% des femmes entre 50 et 69 ans n’ont subi aucun dépistage au cours des six premières années du programme. Si l’on y ajoute les 15% de femmes qui ne se sont fait examiner qu’une seule fois sur six ans, on peut considérer que 40% des femmes âgées de 50 à 69 ans ne sont pas dépistées efficacement.

 

Fidélité au dépistage organisé versus dépistage opportuniste

 

La pratique du dépistage (via mammotest ou via mammographie classique) semble fortement liée aux habitudes de dépistage opportuniste (via mammographie classique) existant avant la mise en œuvre du programme. Le pourcentage de femmes qui se font dépister régulièrement est semblable dans les trois régions mais le dépistage organisé (via mammotest) est surtout répandu en Flandre (44%) alors que le dépistage opportuniste (via mammographie classique) est plus courant en Wallonie (47%) et à Bruxelles (44%).

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Des pistes pour inciter plus de femmes à participer au dépistage organisé et pour les fidéliser

 

Pour inciter plus de femmes à participer au programme de dépistage et augmenter leur fidélisation, les acteurs du programme de dépistage organisé (Communautés, le Registre du cancer, la Fondation contre le cancer, le Centre du cancer, l’INAMI et  les mutualités) ont dégagé une série de pistes :

 

-          réaliser des études auprès des femmes afin de cerner les freins au dépistage

-          identifier et caractériser les femmes qui ne répondent pas au programme organisé

-          soutenir et encourager les initiatives locales de promotion du programme de dépistage

-          impliquer davantage les prestataires de soins et, en particulier, le médecin généraliste dans la promotion et la prescription du dépistage organisé

-          améliorer la transmission des résultats (le délai entre le mammotest et le bilan sénologique est de 40 jours en moyenne alors que l’Europe contre le cancer recommande un délai de maximum 20 jours).

 

 

 

Le rapport complet d’évaluation du programme peut être consulté sur http://www.nic-ima.be avec des résultats détaillés par région, province, arrondissement ou commune fusionnée

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