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28/09/2010

Hôpitaux: les moyens progressent moins rapidement que le chiffre d'affaires

 

Le budget des moyens financiers (BMF), principale source de revenus nets des hôpitaux généraux, progresse moins vite que le chiffre d'affaires global, souligne une analyse sectorielle des hôpitaux généraux en Belgique effectuée par Dexia. Le BMF a progressé de 5,6% en 2009 alors que le chiffre d'affaires global a augmenté de 6,4%.

Le chiffre d'affaires "honoraires des médecins" est en hausse de 8,9% en raison de revenus extraordinaires. Cette augmentation s'explique en grande partie par le rattrapage non récurrent de la différence entre le budget et les dépenses aux niveaux imagerie médicale et biologie clinique.

L'analyse menée auprès de tous les hôpitaux généraux du pays (publics et privés), permet par ailleurs d'observer clairement l'effet des mesures prises par les pouvoirs publics depuis 2007 en vue d'encourager les hospitalisations de jour.

Dans le service chirurgie-diagnostic (CD), qui représente 60% du nombre de lits justifiés, le taux d'occupation ne cesse de diminuer. En dépit de la baisse du nombre de lits et de l'augmentation des hospitalisations, le taux d'occupation dans ce service est passé de 72,8% en 2008 à 71% l'an dernier. La durée de séjour a, elle, fortement diminué, passant de 6,2 à 5,9 jours, ce qui s'explique notamment par des formes de traitement plus efficaces.

Autre conséquence du succès de l'hospitalisation de jour, les revenus des forfaits sont en forte augmentation. Cette hausse s'explique aussi par l'indexation des tarifs ainsi que par l'incorporation d'un pourcentage pour la prise en charge des augmentations barémiques.


Hôpitaux: le sous-financement devient structurel (Santhea)

 

L'analyse sectorielle des hôpitaux généraux du pays, présentée mardi à Bruxelles par Dexia, confirme le sous-financement structurel des hôpitaux, estime Santhea, l'association qui défend les intérêts des établissements et des services de soins non-lucratifs, du secteur privé non-confessionnel et du secteur public, situés en Wallonie et à Bruxelles. "L'étude pointe un sous-financement total de 172 millions d'euros pour des services hospitaliers qui sont normalement subsidiés à 100% par le fédéral", explique Yves Smeets, directeur général de Santhea.

Un sous-financement se manifeste également dans la mise en oeuvre de quelques programmes spécifiques relatifs au personnel. Comme les subsides pour certains statuts de personnel (Maribel social et Fonds budgétaire interdépartemental, notamment) ne sont pas indexés, la part laissée à charge du secteur augmente chaque année. En 2009, elle était de 32% pour le Maribel social contre 24% en 2007.

Santhea relève encore que si les hôpitaux restent en boni en 2009, la marge du résultat (1,7%) est relativement faible par rapport au chiffre d'affaires. "Il y a moins de 200 millions d'euros de bénéfices dans l'ensemble du secteur, soit deux millions par institution environ. On reste dans le domaine de l'aléatoire et n'importe quel événement pourrait faire basculer la situation dans le rouge", avertit M. Smeets.

Enfin, l'association plaide pour la suppression du numerus clausus. "Les établissements connaissent de plus en plus de difficultés à recruter des médecins. Un système se met donc en place où les médecins dictent leurs conditions. C'est une spirale inflationniste", conclut Yves Smeets.

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