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22/09/2010

Cancer du sein: résultats très positifs

 

 

 

Le Programme de dépistage du cancer du sein de la Communauté française a lancé, au début de l’année 2010, une nouvelle campagne de communication destinée aux femmes âgées de 50 à 69 ans.

Le spot de cette campagne a déjà été diffusé en radio et en télévision à deux reprises, d’abord du 15 au 28 février, puis du 19 au 25 avril. Les prochaines diffusions sont prévues en octobre et novembre prochains (pour visionner le spot : www.questionsante.org/05campagnes/spots/lemammotest2010.htm).

Le Service communautaire de promotion de la santé - Question Santé et le Centre Communautaire de Référence pour le dépistage des cancers ont mené une évaluation de la première phase de la campagne de communication. L’étude « post-test » de campagne a été confiée à l’institut Dedicated Research. Elle a été réalisée entre le 3 mai et le 12 mai 2010 et comportait deux volets : une enquête auprès de médecins généralistes ; et une enquête auprès de femmes âgées de 50 à 69 ans. Objectif : vérifier leur perception de cette campagne de communication.

 

La perception de la campagne 2010 par les femmes de 50 à 69 ans

 

- Après seulement deux vagues de diffusion, plus de 60% des femmes de 50 à 69 ans interrogées ont identifié la campagne (ce qui est supérieur à la moyenne observée par l’institut Dedicated Research pour d’autres campagnes sur des sujets de santé). La campagne a touché de manière homogène les femmes de toutes les classes socioprofessionnelles.

- L’évaluation montre que l’information retenue par les femmes de la tranche d’âge concernée est cohérente avec les messages diffusés (dépistage du cancer du sein, mammotest, etc.), même si deux éléments sont moins bien identifiés : la gratuité de l’examen et sa répétition tous les 2 ans.

- La note d’appréciation recueillie par la campagne est un 8,1/10 (ce qui est supérieur à la moyenne de 6,5 observée par l’institut Dedicated Research pour d’autres campagnes sur des sujets de santé). Sont plus particulièrement appréciés le caractère amusant de l’annonce, son originalité, sa capacité d’interpeller, sa clarté, son ton, sa crédibilité et l’utilisation du dessin animé.

- Les trois quarts des femmes ayant vu le spot expriment une nette préférence pour un message faisant appel à des seins dessinés plutôt qu’à une image réelle. Les raisons invoquées sont : « c’est plus amusant », « c’est plus pudique », « on mémorise mieux », « cela fait moins peur », « c’est moins choquant », « cela attire plus l’attention », « c’est plus original », « c’est moins vulgaire ». Des réticences sont évoquées par une minorité de femmes interrogées.

- Quant à leurs canaux d’information privilégiés, les femmes interrogées font confiance, dans l’ordre décroissant, au conseil d’un médecin, à un spot télévisé, à la lettre d’invitation pour les femmes, à la mutuelle et au pharmacien.

- Parmi les raisons pouvant justifier le fait de ne pas réaliser un dépistage, la peur des résultats est évoquée par 32% des répondantes ; le coût de l’examen par 18% (le mammotest étant gratuit, ce frein est sans doute plutôt lié à la confusion avec le bilan sénologique) ; la peur de la douleur par 16% ; et l’absence de recommandation par le médecin par 15%.

- Il faut noter que 48% des femmes interrogées qui n’ont pas réalisé de mammotest dans le courant des 2 dernières années déclarent une intention de le faire au cours des 6 prochains mois.

- Il est frappant de constater que 97% des répondantes jugent assez importante à très importante la pratique de dépistage des cancers pour une femme de 50 à 69 ans.

- Parmi les cancers importants à faire dépister, le sein est cité par 95% des répondantes. Le cancer du col de l’utérus vient ensuite avec un score de 56%, suivi du cancer de l’intestin et du côlon (40%).

 

La perception de la campagne 2010 par les médecins généralistes

 

Il faut savoir que la campagne de communication (notamment audiovisuelle) n’était pas destinée a priori aux médecins. Ceux-ci avaient reçu avant le lancement de la campagne une affiche et une brochure spécifique, via la Société Scientifique de Médecine Générale (voir www.ssmg.be/new/index.php?Page=78).

 

- Après seulement deux vagues de diffusion, plus de 50% des médecins interrogés ont identifié la campagne (ce qui est supérieur à la moyenne de 40% observée par l’institut Dedicated Research pour d’autres campagnes sur des sujets de santé).

- La télévision est de loin le média le plus visualisé.

- La note d’appréciation recueillie par la campagne est un 6,5/10 (ce qui est équivalent à la moyenne observée par l’institut Dedicated Research pour d’autres campagnes sur des sujets de santé et donc positif pour une campagne qui n’était pas destinée spécifiquement aux médecins). Sont plus particulièrement appréciés le caractère amusant de l’annonce, son originalité, sa simplicité, sa capacité d’interpeller, sa clarté et l’utilisation du dessin animé.

- 80 % des médecins interrogés ayant vu le spot expriment également une nette préférence pour un message faisant appel à des seins dessinés plutôt qu’à une image réelle. Les raisons invoquées sont : « cela fait moins peur », « c’est plus amusant », « c’est plus original », « cela marque plus », « cela engendre moins de tabou », « c’est plus accrocheur ». Des réticences sont évoquées par une minorité des médecins interrogés : 7% citent comme faiblesse le manque d’informations précises et 6% le caractère trop amusant de l’annonce.

- Parmi les freins pour les femmes à la réalisation d’un dépistage, les médecins interrogés évoquent la peur d’avoir mal (25%) et la peur du diagnostic (25%).

- 41 % des médecins interrogés déclarent avoir observé une augmentation des demandes de prescriptions de mammotest ; 34% déclarent avoir observé une augmentation des demandes d’informations sur le mammotest ; et 23% ont eu plus de patientes qui ont parlé du cancer du sein en consultation.

 

Enfin, relevons également que parmi les médecins interrogés :

- 64% considèrent qu’il est important de réaliser des campagnes de sensibilisation du public ;

- 79% considèrent qu’il est important de proposer le dépistage du cancer du sein aux femmes de 50 à 69 ans ;

- 84% disent connaître très bien ou assez bien le programme de dépistage du cancer du sein par mammotest ;

- 71% considèrent le programme de dépistage du cancer du sein par mammotest comme très efficace ou assez efficace.

 

 

Ces résultats permettent de constater que la campagne a globalement atteint ses objectifs de communication et que la légitimité du dépistage du cancer du sein est reconnue tant par les femmes que les médecins. Il semble qu’il faille insister à l’avenir sur la nécessité de répéter l’examen tous les deux ans et sur sa gratuité.

La ministre Fadila Laanan se félicite de voir que cette nouvelle campagne, d’une forme un peu particulière, obtient de bons résultats en termes de visibilité et de compréhension. Elle se réjouit aussi de constater que la campagne a suscité un dialogue renforcé des médecins avec leurs patientes au sujet du dépistage du cancer du sein.

Ces résultats encouragent encore davantage la ministre à poursuivre ses effort, bien entendu en concertation avec les professionnels concernés, afin d’encore améliorer le taux de participation à ce programme de dépistage.

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