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13/09/2010

L’arthrose, une maladie qui touche 70% des personnes de plus de 65 ans !

Le congrès mondial sur l’arthrose (ostéoarthrite) organisé par l’Osteoarthritis Research Society International (OARSI) se déroulera du 23 au 26 septembre 2010 à Bruxelles au Square Brussels Center. Il s’agit d’un évènement unique en Belgique, véritable forum qui permettra aux chercheurs et aux prestataires de soins de se rencontrer et d’échanger leur expérience.

Cette édition est présidée par le Professeur belge Yves Henrotin de l’Université de Liège.

Durant quatre jours, plus de 1000 experts venus des quatre coins du monde (USA, Asie, Océanie et Europe) présenteront les découvertes les plus récentes sur la physiopathologie, le diagnostic, les traitements pharmacologiques et la rééducation des arthroses.

15% de la population mondiale souffre de cette maladie, dont l’incidence augmente avec la vieillesse. En Belgique, cette maladie touche 1 million de personnes. Heureusement, la recherche biomédicale progresse et de nombreuses avancées significatives ont été réalisées ces dernières années dans la compréhension des mécanismes physiopathologiques de l’arthrose.

Pour l’édition 2010 du congrès mondial de l’OARSI, plus de 100 experts se partageront les tribunes de 5 sessions plénières, 14 sessions concurrentes, 6 symposium « petit-déjeuner » et 6 symposium satellites.

Des forums réservés aux jeunes chercheurs seront organisés afin de leur permettre de rencontrer des experts.

 

L’arthrose, une maladie qui touche 70% des personnes de plus de 65 ans !

L’arthrose est la maladie  qui touche le plus fréquemment les articulations. 15% de la population mondiale souffre de cette maladie. Plus de 70% des personnes âgées de 65 ans et plus présentent des signes radiologiques d’arthrose. En Belgique, on estime à 1 million le nombre de patients atteints par l’arthrose. Selon les prévisions démographiques,  ce chiffre évoluera fortement dans les prochaines décennies. En effet, on estime que 30% de la population aura 65 ans et plus en 2030.

L’arthrose touche essentiellement les personnes âgées.  Elle  est très invalidante et  altère fortement leur qualité de vie. L’handicap qu’elle entraîne est un facteur de risque à d’autres maladies graves comme le diabète, les thromboses ou les  infarctus du myocarde. Elle provoque des douleurs, des déformations et un enraidissement des articulations. Des lésions dues à l'arthrose sont le plus souvent observées au niveau des zones portantes du cartilage, autrement dit à l'endroit où le cartilage subit des pressions pour différentes raisons (poids, gestes mettant en jeu des muscles puissants, etc.). À ce niveau, l'épaisseur du cartilage est progressivement modifiée au fur et à mesure que s'installe le processus arthrosique. Le cartilage se ramollit, perd de son intégrité, s'altère, des fissures verticales apparaissent. Progressivement s’installent des petites ulcérations profondes qui s'étendent quelquefois jusqu'à l'os sous-jacent (au-dessous). La membrane synoviale et les tendons qui entourent  l’articulation sont enflammés. L’os situé sous le cartilage se durcit. Les muscles s’atrophient. Pour ces raisons, la mobilité des articulations est réduite et surtout douloureuse.  L'ensemble de ces symptômes est à l'origine de ce que l'on appelle l'impotence fonctionnelle, c'est-à-dire la difficulté à effectuer un mouvement de façon générale.

Les facteurs favorisant l’apparition et la progression de l’arthrose sont la surcharge pondérale et l’obésité, les traumatismes articulaires, le surmenage professionnel ou sportif des articulations et les facteurs génétiques. Les facteurs génétiques interviennent surtout dans les formes généralisées de la maladie (touchant plus de trois articulations). L’arthrose des doigts associée à l’apparition de nodules au niveau de phalanges, touche essentiellement les femmes et est héréditaire. 

Les traitements sont essentiellement symptomatiques. Ils tentent à améliorer la fonction articulaire et à réduire la douleur. Ils peuvent être classés en traitements non-pharmacologiques et en traitements pharmacologiques. Les traitements non-pharmacologiques sont la perte de poids (pour les genoux et les hanches), les exercices aérobies, de musculation et de mobilisation articulaire, les semelles correctrices et les orthèses de soutien. Une perte de poids de 10 à 20% réduit la douleur au niveau des articulations portantes (genoux, hanches) de 30% ! Les traitements pharmacologiques sont les antalgiques (paracétamol, curcumine), les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les anti-arthrosiques à action symptomatique lente (le sulfate de glucosamine, le sulfate de chondroitine, les insaponifiables d’avocat et de soja). Vu les effets secondaires provoqués par la prise prolongée des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ceux-ci doivent être administrés à la dose minimale efficace et sur une période la plus courte possible.  L’association de traitements non-pharmacologiques et pharmacologiques est vivement recommandée.

De nombreuses avancées significatives ont été réalisées ces dernières années dans la compréhension des mécanismes physiopathologiques de l’arthrose. La découverte du rôle joué par les adipokines (molécules synthétisée par le tissus adipeux), l’os sous-chondral (os situé sous le cartilage) ou encore la vascularisation du cartilage (le cartilage normal n’est pas vascularisé) offre de nouvelles perspectives thérapeutiques. L’identification de nouveaux marqueurs biologiques (molécules dosées dans le sang ou les urines) permettra dans un avenir proche le diagnostic précoce de la maladie, avant l’apparition des signes radiologiques. Enfin, l’implantation dans le cartilage de cellules souches et de biomatériaux constitue une piste prometteuse pour le traitement des lésions du cartilage.

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