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26/07/2010

Seniors : trop de médocs?

L’allongement de l’espérance de vie va généralement de pair avec une

augmentation de la fréquence des consultations médicales et, par conséquent,

avec la prise croissante de médicaments. La polymédication, qui se définit par la

prise quotidienne chronique de plus de cinq médicaments, n’est pas une pratique

exceptionnelle chez les seniors. Ce qui ne va pas toujours sans problèmes, comme

le révèle une enquête de Test-Achats réalisée en collaboration avec la KU Leuven

et la Croix Jaune et Blanche. Vingt-deux seniors ont ainsi été interrogés au sujet

de leurs habitudes en matière de prise de médicaments, lesquelles ont fait l’objet

d’une analyse minutieuse. Les résultats sont frappants : outre une confiance quasiaveugle

en « Monsieur le Docteur », et une attitude parfois créative face aux

prescriptions, les chercheurs ont détecté pas moins de 62 problèmes relatifs à la

prise de médicaments sur un total de 186 médicaments pris par les 22 répondants.

Ce qui n’est pas sans conséquence puisque, selon les estimations, 5 à 30 % des

hospitalisations sont directement liés à de problèmes médicamenteux. Test-Achats

plaide pour une analyse de médication, où le médecin et le pharmacien procèdent

conjointement à l'évaluation critique des médicaments que prend un patient. Dans

des pays tels que l'Australie, le Canada et les Pays-Bas, ce type d’approche est déjà

bien intégrée et permet d'éviter bon nombre de problèmes, au rang desquels

l'hospitalisation.

Les personnes âgées prennent quotidiennement plusieurs médicaments pour soigner

diverses affections - troubles cardio-vasculaires et diabète par exemple - sans oublier

les analgésiques ou inhalateurs occasionnels. La prise conjuguée de toutes ces

médications peut entraîner bon nombre de problèmes allant jusqu'à l'hospitalisation

des seniors. Test-Achats s'est rendu auprès de 22 seniors pour enquêter sur la réalité

de la polymédication, définie comme la prise quotidienne de plus de cinq

médicaments différents par jour.

Les seniors et leurs médicaments

La plupart des seniors interrogés savent « moyennement » à « bien » la raison pour

laquelle ils prennent plusieurs médicaments. Le médecin traitant reste, à cet égard, la

source d'informations privilégiée. Les informations reçues du pharmacien portent

essentiellement sur les modalités concrètes. Les personnes âgées déclarent également

lire la notice, surtout la partie consacrée aux effets secondaires potentiels. Certains

généralistes déconseillent néanmoins de lire cette partie de la notice au risque

d’inquiéter inutilement le patient.

Qu'ils la lisent ou non, la plupart des répondants adoptent une attitude résignée en ce

qui concerne la prise de médicaments. D’autres vont jusqu’à dire :

 

« Je n’ai pas

besoin de savoir. Je les avale comme des bonbons».

62 problèmes détectés chez 22 seniors

Certains seniors doivent être hospitalisés parce que les médicaments prescrits ou la

posologie ne sont pas adaptés aux personnes âgées, parce que certains médicaments

ne sont pas prescrits alors qu'ils devraient l'être, ou en raison d'interactions

médicamenteuses. Le manque de communication entre les prestataires de soins, qui

ne sont pas informés des différents traitements prescrits, accentue ce risque. Test-

Achats a relevé pas moins de 62 problèmes liés à la prise médicamenteuse auprès de

ces 22 seniors, ces derniers absorbant au total 186 médicaments de manière

chronique. Parmi les exemples les plus cités figurent la prise chronique de (parfois

plusieurs) benzodiazépines, des interactions médicamenteuses susceptibles de

provoquer une altération du taux de potassium et la prise conjointe d'antiinflammatoires

et d'anticoagulants, comportant un risque accru de saignements. Voilà

qui démontre à suffisance la nécessité d'un suivi régulier et d'une communication de

qualité entre prestataires de soins.

Une confiance quasi-aveugle dans le médecin traitant

Pour la majeure partie, nos répondants font extrêmement – presque aveuglément –

confiance à leur médecin traitant. Ils ne remettent pas en question le choix des

médicaments et partent du principe que le médecin « sait ce qu'il prescrit ». Ils se

montrent néanmoins actifs et créatifs en ce qui concerne le respect du traitement :

lorsque des effets secondaires se manifestent, ils consultent eux-mêmes la notice et

certains vont jusqu'à s'autoriser l'arrêt du traitement. D'autres prennent l’initiative de

modifier la posologie ou l'heure de prise, voire testent un médicament prescrit à leur

partenaire.

Dans 11 % des cas, il existe des alternatives moins onéreuses

Il s’avère que la plupart des seniors acceptent le coût du médicament avec résignation

et fatalisme. Ils pensent généralement que

 

« Quand il faut, il faut »

. Pourtant ces

médicaments pèsent assez lourdement sur leur budget.

 

« Ces petites choses me

coûtent bien 80 euros par mois

 

! », précise l'un des seniors. Or, les médecins ne

prescrivent pas toujours le produit le moins coûteux : pour 11 % des médicaments

repris dans le panel, Test-Achats a trouvé un substitut moins cher de la même

substance active. À cet égard, il s'agit généralement de médicaments de marque dont

la substance active existe également sous la forme de médicaments génériques moins

coûteux.

Ne pas prescrire aveuglément mais effectuer une analyse de médication

Par ailleurs, la démarche des patients s'apparente trop souvent au renouvellement

d'un abonnement médicamenteux : le senior remet régulièrement au généraliste une

liste de médicaments dont la prescription doit être renouvelée. L'analyse de

médication

 

(medication review)

est une nouvelle approche qu'il convient d'introduire

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