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24/05/2010

68 déclarations d’euthanasie par mois en 2009

Le nouveau rapport 2008-2009 sur l’euthanasie est prêt. Le Journal du médecin a pu prendre connaissance des données les plus importantes de ce document. Le nombre de déclarations d’euthanasie continue à augmenter de façon constante. Aucun dossier n’a été transmis à la justice. En principe, le rapport de Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie est d’abord présenté au Parlement, mais, en cette période électorale, cette préséance est un peu moins importante. Nous avons donc reçu ce rapport en exclusivité. Le plus intéressant est évidemment de savoir comment la Commission euthanasie traite les déclarations. En 2008, 704 déclarations ont été introduites. Ce nombre est passé à 822 en 2009, soit 68 cas par mois. Ce qui représente une augmentation sensible par rapport à la période 2006-2007 qui a connu une moyenne de 38 déclarations par mois. Le rapport montre que la différence déjà observée entre le nombre de déclarations introduites par des néerlandophones ou des francophones continue d’être significative: 656 cas d’un côté de la frontière linguistique et 166 de l’autre, soit une proportion de 80/20.

 

En considérant ensemble les années 2008 et 2009, on peut relever que la Commission a accepté 85% des dossiers tels quels (voir tableau ci-dessous). Qu’en est-il des 15%? Une petite minorité (4%) d’entre eux font l’objet de remarques. Des précisions sont demandées pour un dossier sur neuf. Mais, au final, en 2008 et 2009, la Commission n’a transmis aucune déclaration d’euthanasie aux tribunaux. Ce qui rencontre l’objectif de cette Commission, qui a une fonction de zone «tampon», entre les médecins qui pratiquent des euthanasies et la justice. Si en 2008, le nombre de déclarations était légèrement plus important chez les hommes (52,2%), en 2009, la balance a penché du côté des femmes (50,7%), ce qui correspond plus à la répartition réelle entre les hommes et les femmes observée dans la population. Le groupe d’âges le plus représenté dans le rapport est celui des personnes entre 60 et 79 ans, suivi par celui des plus de 80 ans qui représente un quart des cas. Une personne euthanasiée sur cinq appartient à la tranche d’âges des 40-59 ans et 2% à celle des 20-39 ans. La Commission euthanasie n’a pas enregistrée un seul cas d’euthanasie d’un mineur, tout au moins, aucun n’a été déclaré.

 

 

 

Le généraliste le premier consultant

 

Dans une minorité des cas, l’euthanasie est pratiquée au domicile du patient, le plus souvent le décès survient à bref échéance. En 2008 et 2009, les cancers sont les diagnostics qui conduisent le plus souvent à une euthanasie.

 

Dans un cas sur deux, le généraliste est le premier consultant. Le rapport de la Commission fédérale euthanasie livre de nombreuses données chiffrées, dont certaines sont remarquables. L’hôpital reste, juste avant le domicile, l’endroit où les médecins pratiquent le plus l’euthanasie (45% VS 44%). Le nombre d’euthanasies pratiquées à domicile augmente. Si cette tendance se maintient, les euthanasies à domicile pourraient devenir majoritaires. Dans le précédent rapport, on pointait déjà une augmentation des euthanasies à domicile. On enregistre 8% des déclarations dans les maisons de repos et de soins. Dans 3% des cas, le lieu n’est pas spécifié.

Dans 92% des cas, les dossiers indiquent que le décès s’est déroulé à brève échéance. Dans 8 cas sur 10, le diagnostic qui conduit à l’euthanasie est celui d’un cancer.6% des cas sont dus à des affections neuromusculaires évolutives et 4% à des affections cardiovasculaires. Le sida n’est jamais indiqué comme étant à l’origine d’une euthanasie. Il n’est pas illogique de constater que le généraliste est le premier médecin à être consulté pour une euthanasie (49%). Le spécialiste vient en deuxième position (41%). Un patient sur dix demande l’avis d’un médecin spécialisé en soins palliatifs.

Avis complémentaire

Si le décès n’était pas prévisible à brève échéance, l’avis d’un deuxième consultant est demandé. Il s’agit souvent d’un psychiatre (68%). Ce deuxième avis est demandé dans un nombre minoritaire de cas (116 en 2008 et 2009). Très souvent, des souffrances psychiques (désespoir, perte de dignité, dépendance) se manifestent. En cas de doute, le psychiatre doit juger si l’euthanasie est indiquée. Dans ce cas, les affections neuropsychiques et les affections neuromusculaires évolutives figurent dans les diagnostics les plus fréquents. Il s’agit cependant d’une combinaison de plusieurs affections. Dans les dossiers de 2008 et 2009, les affections psychiques sont mentionnées pour 1.279 patients et les souffrances physiques (suffocation, obstruction digestive avec vomissements, dyspnée,cachexie, épuisement, paralysie, douleurs, hémorragie…) pour 1.478 patients. En dehors des consultations obligatoires dans le cadre de la loi, de nombreux médecins et équipes palliatives sont consultés volontairement par les patients. Ainsi, un nombre considérable de patients demandent un avis supplémentaire (630) à un autre médecin ou un avis à une équipe de soins palliatifs (613).

 

Commentaires

Qu'est-ce que "les consultations obligatoires dans le cadre de la loi"?
Merci pour votre réponse.
Véronique

Écrit par : Véronique | 01/06/2010

Touché. Grands arguments. il faut Maintenir le bon esprit.

Écrit par : maxosize forum | 08/10/2014

Les commentaires sont fermés.