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06/05/2010

Une plateforme transfrontalière pour une thérapie ultramoderne contre le cancer

Aix-la-Chapelle/Maastricht/Liège. Fin mars, le CHU de Liège a rejoint la société d’études Partikeltherapiecentrum (PTC) Euregio Rhein-Maas GmbH (Centre d’hadronthérapie de l‘Eurégio Meuse-Rhin). Les autres associés sont les centres hospitaliers universitaires d’Aix-la-Chapelle et de Maastricht qui, depuis de nombreuses années, sont partenaires dans différents domaines. Les trois hôpitaux universitaires veulent développer et faire avancer ensemble le projet ambitieux d’une plateforme transfrontalière d'hadronthérapie innovante sur les plans de la recherche et des soins. La structure actuelle de la société, qui implique trois pays, est unique en son genre et illustre bien la coopération croissante en Europe dans le domaine médical.

Selon le Professeur Dr Henning Sass, président des associés et du comité directeur du CHU d’Aix-la-Chapelle, « des projets d’une telle envergure ne sont pas maîtrisables si on fait cavalier seul. Par ailleurs, la PTC doit couvrir un territoire fournissant suffisamment de patients potentiels. La région des Trois Frontières réunit ces conditions. »

Le projet prévoit la création d’un centre d’hadronthérapie, plateforme internationale de radiothérapie et de coopération au niveau de la recherche et de l’enseignement. Sont également prévues des études comparatives entre les pays concernant les différentes conceptions et approches en matière de radiothérapie.

 

 

 

 

Dans l’année, la PTC-GmbH doit emménager dans le Science and Business Park situé sur le site d’Avantis. C’est également là que devraient être implantées les installations techniques. Une des caractéristiques du site est qu’il se trouve aussi bien sur le sol allemand que sur le sol néerlandais. Pour Werner Kemper, directeur de la PTC GmbH, « le financement du projet représente l’un des grands défis avec, bien sûr, en toile de fond, l’intégration de trois systèmes de santé ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’hadronthérapie: qu’est-ce que c’est ?

Le traitement aux rayons, la chimiothérapie et la chirurgie restent aujourd’hui encore les principaux outils dans la lutte contre le cancer. Il en sera encore ainsi pendant un certain temps, mais l’évolution des technologies continue. Outre des améliorations dans la radiothérapie traditionnelle, l’utilisation d’autres rayons tels que les protons et les ions a pris place dans les instituts scientifiques. Il s’agit de petites particules chargées qui réagissent aux champs magnétiques et électriques. Avec la protonthérapie et la thérapie par ions carbone, on obtient des résultats très prometteurs dans le traitement des tumeurs.

La protonthérapie

Par rapport aux traditionnels photons (rayons X à haute fréquence), les protons présentent l’avantage de mieux répartir et de cibler plus exactement la dose. Les protons concentrent leur radiation directement sur la tumeur, la dispersion avant d’atteindre celle-ci restant minimale. Ainsi, les tissus sains avoisinants sont beaucoup moins exposés à la radiation qu’avec les procédés traditionnels tandis que la dose atteignant la tumeur est nettement plus élevée. Les effets secondaires d’une protonthérapie sont très souvent plus faibles que ceux d’un traitement conventionnel. En outre, les possibilités de contrôler localement la tumeur augmentent, ainsi que les chances de guérison grâce à une plus forte dose concentrée sur la tumeur.

La thérapie par ions carbone

La thérapie par ions carbone associe les qualités physiques positives de la protonthérapie et un avantage biologique : les ions provoquent dans le tissu cancéreux des dommages accrus au niveau du noyau de la cellule cancéreuse si bien que celle-ci ne peut plus faire face à l’attaque en réparant les dommages subis. Le traitement est donc nettement plus efficace, en particulier pour les types de cancer qui, jusqu’à maintenant, étaient résistants à la radiothérapie traditionnelle en raison de certains mécanismes biologiques. Cette destruction particulièrement intensive se produit presque exclusivement là où le faisceau rencontre la cellule cancéreuse, de sorte que les tissus sains restent en mesure de réparer le dommage subi lors du passage du rayon.

 

Quelle thérapie pour quel cas ? La réponse dépend de nombreux facteurs, par exemple de la forme de croissance de la tumeur, de son emplacement et de son environnement.

Il existe déjà plusieurs centres de traitement de par le monde qui proposent la protonthérapie. Au départ et jusqu’il y a quelques années, ces centres étaient des instituts de recherche en physique fondamentale. Actuellement, la thérapie par ions carbone n’est utilisée que dans deux centres de recherche.

Jusqu’à présent, à l’échelle mondiale, environ 36 000 patients ont été traités aux protons et quelque 4000 aux ions carbone. Depuis quelques années seulement, on commence à développer des instituts destinés au traitement des patients. Les résultats obtenus sont très prometteurs. Actuellement, les chercheurs travaillent avec ardeur sinon acharnement à l’étude et à l’évaluation des protocoles concernant les différents types de tumeur ainsi qu’aux nouvelles applications de la thérapie par ions carbone.

Vous trouverez de plus amples informations sur les sites suivants:

www.strahlentherapie.ukaachen.de

www.maastro.nl

www.chuliege.be

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