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12/04/2010

Une nouvelle naissance suite à une greffe de tissu ovarien

 

 

 

Un nouveau bébé vient de voir le jour grâce à une greffe de tissu ovarien cryopréservé, effectuée par le Service de gynécologie des Cliniques universitaires Saint-Luc. Après la première mondiale réalisée lors de la naissance de Tamara en 2005 et d’autres naissances consécutives (10 au total dans le monde entier), cette technique n’a plus à être considérée comme expérimentale. Le traitement, qui doit encore être amélioré, pourra devenir une technique routinière à proposer à toutes les patientes qui risquent de subir une ménopause précoce comme effet secondaire de leur traitement anticancéreux. Un fantastique espoir pour les jeunes patientes.

Une greffe de tissu ovarien cryopréservé a permis une nouvelle naissance dans notre pays. Ce 9 avril, une jeune maman a mis au monde un petit garçon aux Cliniques universitaires Saint-Luc, grâce à l’implantation de tissu ovarien prélevé il y a sept ans, alors qu’elle avait 17 ans. La patiente souffrait d’une tumeur orbitaire droite avec présence de lésions à distance requérant une chimiothérapie avant transplantation de cellules souches. Or, ce traitement risquait d’affecter fortement les capacités reproductrices de la jeune femme.

Quelques heures seulement avant le début du traitement, la jeune fille a donc bénéficié d’un prélèvement de tissu ovarien. Sept ans après ce prélèvement, la transplantation ovarienne a été réalisée, une fois la patiente guérie et son désir d’avoir un enfant bien présent. Elle a accouché ce jour, aux Cliniques universitaires Saint-Luc, d’un petit garçon pesant 2 kg 890 en excellente santé.

5 ans après Tamara

En Belgique, il s’agit du quatrième enfant né grâce à cette technique. La première mondiale avait eu lieu aux Cliniques universitaires Saint-Luc en 2004, lors de la naissance de Tamara, née d'une mère artificiellement ménopausée à cause du traitement de son cancer et qui avait bénéficié d'une transplantation de son propre tissu ovarien. Par la suite, une autre maman a pu donner naissance, à deux reprises, grâce à la même technique réalisée cette fois par l’équipe d’Erasme (ULB).

« Avec cette nouvelle naissance, il est temps de ne plus considérer la greffe de tissu ovarien comme une technique expérimentale » , souligne le Pr Jacques Donnez, Chef du Service de gynécologie, andrologie et fécondation in vitro des Cliniques universitaires Saint-Luc. « Cela va  devenir une technique de routine à proposer aux patientes qui risquent de subir une ménopause comme effet secondaire d’un traitement anti-cancer ».

Cryopréservation et implantation

La technique actuellement utilisée consiste à prélever une partie de l'ovaire avant la chimiothérapie, de le conserver ensuite dans de l’azote liquide (avec plus de 400 échantillons cryopréservés, la banque de l'UCL est la plus importante au monde) et de réimplanter le tissu cryopréservé ensuite dans ou près de l'ovaire restant. Les programmes de recherche en cours visent à optimaliser les diverses phases de cette procédure.

Toutefois, il y a des cas où cette technique ne peut s'appliquer. Par exemple, lorsqu'il existe des craintes que des cellules cancéreuses se trouvent dans le tissu ovarien. Le réimplanter risquerait alors de provoquer une récidive. C'est pourquoi l'équipe de gynécologie de l’UCL tente d'isoler des follicules primordiaux présents dans le tissu prélevé dans l'ovaire. Ces follicules minuscules (leur diamètre n'excède pas un vingtième de millimètre) sont les précurseurs des ovocytes matures (présents lors de l’ovulation) ; la femme en possède environ 600.000 exemplaires par ovaire à la naissance.

La Belgique pionnière dans le domaine

Cette nouvelle naissance confirme la place de la Belgique en tant que pays le plus avancé au monde dans la technique de greffe de tissu ovarien, avec la meilleure expertise dans ce domaine très prometteur. Il est également important de souligner que de telles recherches et réussites ne seraient pas possibles sans le soutien du FNRS, du Télévie, de la Fondation contre le Cancer et de la Fondation Saint-Luc.

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