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25/03/2010

Incidence de cancers de la thyroïde en Belgique : état des lieux

A l’automne 2008, la Ministre des Affaires sociales et de la santé publique a chargé l'Institut scientifique de Santé publique (ISP) de réaliser à l'échelle nationale une étude épidémiologique sur l’état de santé des personnes vivant à proximité d'un site nucléaire.

 

Le cadre de cette étude a été défini en concertation avec différents partenaires tels que l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, le Registre du cancer, le SPF Santé publique ou le Centre d'étude de l'énergie nucléaire.

 

La Fondation Registre du Cancer a réalisé un premier recensement statistique de cas de cancers de la thyroïde, basé sur les données nationales actuellement disponibles, à savoir les années 2004 à 2006.

 

Depuis le lancement de cette étude, tant l’ISP que la Fondation Registre du Cancer, sont régulièrement interpellés par les médias.

 

La Ministre souhaitait dès lors faire le point sur l’état d’avancement des recherches statistiques en cours de même que sur les prochaines étapes de l’étude, qui devrait être finalisée courant 2011. Pour ce faire, la Ministre de la Santé publique a réuni ce matin les représentants du Registre du Cancer et de l’ISP.

 

Quels sont les premiers constats ?

  1. Les premières données de la Fondation Registre du Cancer démontrent que les cancers de la thyroïde sont près de trois fois plus fréquents chez les femmes que chez les hommes : l’année 2006 recense 518 nouveaux cas de cancer thyroïdien pour les femmes et 176 nouveaux cas chez les hommes.
  2. Ce premier recensement montre également que les cancers de la thyroïde seraient deux fois plus fréquents en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre. 

    Cette différence géographique pourrait s’expliquer par une différence assez marquée dans le diagnostic et les pratiques cliniques : par exemple, le nombre de thyroïdectomies est deux fois plus important  à Bruxelles et trois fois plus important en Wallonie qu’en Flandre. 

    Le Centre Fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a été chargé d’examiner cette question. Les résultats sont attendus en 2011.
  3. Si les premières données brutes confirment la disparité Nord/Sud, on observe d’énormes disparités au sein d’une même zone, en ce qui concerne le nombre de cas recensés.

    En ce qui concerne par exemple la zone située dans un rayon de 20 kilomètres autour de Fleurus ou encore de la centrale nucléaire de Chooz située à la frontière franco-belge, le taux d’incidence moyen est supérieur à la moyenne wallonne, mais la répartition des cas au sein de ces mêmes zones est très contrastée. Des disparités similaires ont été observées en d’autres endroits éloignés d’un site d’activité nucléaire.

    Ces disparités pourraient être dues à la période considérée, trop courte aux yeux des experts, et au petit nombre de cas étudiés.

    La Fondation Registre du Cancer travaille actuellement à la récupération des données 2007-2008, ce qui permettra à l’ISP de disposer d’une base plus large pour mener son étude.

    En outre, la Fondation Registre du cancer ne dispose pas des outils statistique appropriés pour croiser ses données au regard d’autres facteurs éventuels comme par exemple la présence de Radon, naturellement présent en sous-sol wallon. Cette analyse plus poussée devra être réalisée par l’ISP.

Quelle est la demande de la Fondation Registre du Cancer ?

 

La Fondation demande à pouvoir poursuivre sa récole de données sur une période plus significative et ce, afin d’assurer une plus grande fiabilité scientifique.

 

D’autre part, dans le cadre d’un accord avec l’ISP, la Fondation Registre du Cancer disposera de l’appui d’un chercheur statisticien de l’ISP pour extraire des données disponibles les informations complémentaires nécessaires à la poursuite de cette étude.

 

Quelles seront les prochaines étapes ?

 

Les données statistiques vont être complétées :

  • Sur une période plus large, soit de 2004 à 2008. En effet, une étude réalisée sur une période de moins de 5 ans n’est, aux yeux des experts, pas pertinente.
  • Sur une zone géographique plus étendue, au-delà de nos frontières. En effet, bon nombre de patients situés en zone transfrontalière se font traiter soit  en France, soit au Grand-duché, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Les experts doivent pouvoir disposer de ces données.

Ces données vont également être affinées :

  • En précisant les types de cancers thyroïdiens observés : papillaire, folliculaire, médullaire ou anaplasique. Chaque type de cancer trouve en effet des origines différentes et touche des groupes d‘âges différents.
  • En prenant en compte d’autres facteurs comme des  éléments naturels par exemple -  la présence de Radon, les données météorologiques ou encore la présence d’autres zones industrielles, décharges, etc.

Les résultats de ces travaux menés conjointement par la Fondation Registre du Cancer et l’ISP seront validés par un comité d’accompagnement composé d’experts nationaux et internationaux. Tout comme pour l’étude menée en parallèle par le KCE, les résultats définitifs sont attendus courant 2011.

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