Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

24/03/2010

Diabète: un nouvel espoir

 

 

 

 

Le risque cardio-vasculaire peut être diminué de 31 % supplémentaires chez les patients souffrant de diabète de type 2 avec dyslipidémie athérogène, combinaison courante d’un taux élevé de triglycérides (TG, 204 mg/dl ou 2,3 mmol /L ou supérieur)) et de faibles taux de cholestérol HDL (cholestérol HDL, 34 mg/dl ou 0,88 mmol/L ou inférieur). Cela est obtenu en ajoutant du fénofibrate à la simvastatine. Seuls 20 de ces patients doivent être traités pendant 5 ans pour éviter un accident cardio-vasculaire. Dans l’essai ACCORD Lipid [action pour contrôler le risque cardio-vasculaire du diabète], publié en ligne dans le New England Journal of Medicine, le groupe présentant une dyslipidémie athérogène a eu 70 % d’accidents cardio-vasculaires (décès cardio-vasculaire, infarctus, attaque cérébrale) de plus que les patients ne présentant pas de dyslipidémie athérogène. En fait, le risque associé à la dyslipidémie athérogène était comparable à celui présent chez les personnes ayant eu précédemment une maladie cardio-vasculaire (17,3 % contre 18,1 %).

Le Professeur Jean-Charles Fruchart, Président de l’Initiative Réduction des Risques Résiduels (R

3i), une fondation académique suisse indépendante a déclaré : « Depuis deux ans, la R3i se concentre sur l’hypothèse selon laquelle le risque cardio-vasculaire résiduel chez les patients traités avec des statines est associé à la dyslipidémie athérogène. ACCORD Lipid confirme à la fois l’hypothèse et le bien fondé de l’ajout du fénofibrate à une statine pour réduire ce risque cardio-vasculaire résiduel important. Cela est cohérent avec les recommandations courantes de l’Association américaine de lutte contre le Diabète et le Panel III du Programme national d’Education sur le Cholestérol pour le Traitement des Adultes ».

L’avantage apporté par le fénofibrate a uniquement été observé dans le groupe pré- spécifié de patients diabétiques avec dyslipidémie athérogène et non sur la population totale de l’étude.

 

« Bien que les patients ayant une dyslipidémie athérogène ne représentaient que 17 % de la population d’ACCORD Lipid, en pratique clinique l’importance du problème est sensiblement plus grande. Ce que nous mesurons actuellement dans l’étude REALIST financée par la R3i qui est menée à la Harvard Medical School et dans plus de 20 centres académiques bien connus dans le monde », a déclaré le Professeur Frank Sacks de la Harvard Medical School, Boston, USA et Vice-président de la R3i.

Dans ACCORD Lipid, le fénofibrate a également réduit la micro et la macro-albuminurie de la maladie diabétique. Ceci est cohérent avec les résultats des précédents essais cliniques.

« La néphropathie diabétique est un problème très important. Il est donc crucial de savoir si le fénofibrate est bénéfique pour ces patients », a déclaré le Professeur Michel Hermans des Cliniques Universitaires Saint-Luc, Bruxelles, Belgique et Secrétaire général de la R3i.

L’étude a également confirmé que l’ajout du fénofibrate à la simvastatine n’a donné lieu à aucun risque supplémentaire de myopathie (problèmes musculaires), de thrombose veineuse ou de pancréatite. En fait, il y a eu moins de décès toutes causes et dus aux accidents cardio-vasculaires chez les patients traités avec le fénofibrate que chez ceux traités uniquement avec la simvastatine.

R3i conduit de nouvelles recherches dans le domaine de la dyslipidémie athérogène du diabète de type 2.

La dyslipidémie athérogène est courante et sa fréquence augmente nettement à cause de l’épidémie mondiale de diabète de type 2, de l’obésité et du syndrome métabolique.

Par conséquent, aux États-Unis, environ la moitié des patients à haut risque qui commencent une thérapie par statine peuvent nécessiter un traitement supplémentaire pour réduire leurs triglycérides et/ou augmenter leur cholestérol HDL.

La R3i répond à ce problème clinique capital. « Vu l’ampleur de l’épidémie mondiale de diabète de type 2, - en particulier dans les régions en voie de développement – le combat contre la dyslipidémie athérogène est essentiel. En tant qu’unique fondation de recherche mondiale indépendante axée sur ce problème, R3i développe de façon urgente des recommandations pour des stratégies éprouvées pour réduire le risque vasculaire résiduel. Nous menons la première étude épidémiologique mondiale, REALIST, pour établir la fréquence de la dyslipidémie athérogène et le risque résiduel conséquent d’accidents cardio-vasculaires. Après ACCORD Lipid, nous entreprendrons également une méta-3 analyse des sous-groupes de patients présentant une dyslipidémie athérogène (TG élevé et/ou faible cholestérol HDL) dans les études précédentes avec les fibrates », a déclaré le Professeur Fruchart.

 

À propos d’ACCORD

L’étude ACCORD a été financée par l’Institut national du Coeur, des Poumons et du Sang (NHLBI), faisant partie des Instituts nationaux de la Santé (NIH) aux États-Unis. Elle a été conduite aux États-Unis et au Canada. La question clé abordée dans le groupe de traitement d’ACCORD Lipid était de savoir si la combinaison fénofibrate plus simvastatine, c’est-à-dire le fait de cibler un TG élevé et un faible cholestérol HDL en plus du cholestérol LDL, était plus efficace dans la réduction des accidents cardio-vasculaires que la thérapie statine seule chez un groupe de 5 518 patients à haut risque présentant un diabète de type 2. Le fénofibrate a été choisi parce que les analyses des sous-groupes des précédents essais avaient montré des effets favorables supplémentaires chez les patients souffrant de diabète de type 2, ou ceux présentant une obésité abdominale caractéristique du syndrome métabolique.

 

Aucun autre essai clinique n’avait précédemment testé cette stratégie.

 

Les commentaires sont fermés.