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02/02/2010

L’informatisation de la médecine au coeur du débat

 

 

Le Journal du médecin publie dans ses éditions du 29 janvier et 2 février, en deux volets, les résultats d’un sondage diligenté par le ministère à la Simplification administrative à propos de la charge administrative des médecins généralistes belges. Trois enseignements peuvent être tirés de ce sondage auquel le Journal du médecin a été étroitement associé : premièrement, l’informatisation progressive de l’activité du généraliste lui simplifie clairement la vie et réduit le temps passé à remplir des formulaires. Deuxièmement, les médecins généralistes francophones sont plus rétifs que leurs confrères néerlandophones à utiliser les nouvelles technologies de l’information (TIC). Troisièmement, le sondage met en lumière le désamour des médecins généralistes pour le système dit « chapitre IV » par lequel ils doivent demander préalablement l’autorisation de remboursement au médecin-conseil des mutuelles.

 

 

RESUME DE L’ENQUETE

 

A l’initiative notamment du ministre pour l’Entreprise et la Simplification, l’Open-VLD Vincent Van Quickenborne, un sondage a été réalisé auprès d’environ 400 médecins généralistes réellement actifs en première ligne et ce, dans tout le pays. Le Journal du médecin a été associé à ce sondage. Pour le gouvernement, il s’agissait d’objectiver les plaintes des médecins traitants face à l’administration grandissante de leurs pratiques médicales souvent au détriment des patients.

 

Les MG consacrent en moyenne 10 heures par semaine de travail à l’aspect administratif de la pratique médicale. Par consultation, 7,3 minutes y sont consacrées. La moitié des MG consacrent 0 à 5 minutes aux tâches administratives, 38% de 5 à 10 minutes et 8,4% de 10 à 15 minutes. Un MG sur 40 consacre plus d’un quart d’heure par patient à ce genre de tâche.

 

L’informatique aide à réduire la charge administrative. Les utilisateurs de l’informatique gagnent près de 2 minutes en moyenne.  Pour 30 patients, ceci offre une heure de mieux.

 

Globalement, les médecins généralistes belges sont très informatisés. Une large majorité (77%) des MG utilise systématiquement l’ordinateur à des fins professionnelles. Presque tous les médecins généralistes (92%) ont accès à internet.

Un quart des médecins dispose d’un ordinateur portable. Ils l’utilisent d’ailleurs pour la visite à domicile (27% l’emportent lors de leurs visites).

 

Près de 2 médecins sur 3 utilisent de façon constante leur ordinateur pour le dossier médical. Mais l’informatique tarde à être utilisé pour d’autres fonctions comme la prescription médicale. 4 MG sur 10 utilisent systématiquement l’informatique lors de la prescription, 1 sur 3 pas constamment et 1 sur 3 jamais. L’instinct et l’expérience restent le moyen le plus sûr de faire un bon diagnostic. Seuls 1 MG sur 20 utilise systématiquement l’informatique pour les aides au diagnostic.

 

Mais ce sont essentiellement les médecins de 65 ans et plus (surtout francophones) qui refusent de franchir le pas. Le médecin qui arrive en fin de carrière estime qu’il est trop tard pour investir dans l’informatique. Parmi les 65+, il y en a même plus d’un quart qui refusent mordicus d’utiliser l’ordinateur dans leur pratique, soit qu’ils considèrent que cela n’a plus de sens soit qu’il s’agisse d’entêtement.

 

Parmi les fans d’informatique, il y a le double de médecins-hommes. L’informatique résiste donc au cliché selon lequel les nouvelles technologies sont des « toys for boys ».

 

Mutatis mutandis, le questionnaire débouche sur 3 profils :

-         les non-utilisateurs de l’informatique

-         les utilisateurs intermittents

-         les utilisateurs permanents.

Une différence existe entre Francophones et Néerlandophones : les médecins généralistes francophones se retrouvent plus parmi les non-utilisateurs (12,3% contre 2,4). Les utilisateurs permanents se retrouvent plus chez les Néerlandophones (83,5% contre 66,2% chez les Francophones).

 

Enfin, 50,3% des médecins généralistes hommes (et 25% des femmes soit 43,5% des médecins généralistes) souhaitent la suppression du chapitre IV, soit du système qui exige, pour certaines spécialités pharmaceutiques, l’autorisation préalable du médecin conseil pour que le patient puisse être remboursé par la mutuelle.

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