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20/08/2009

Des micro-aiguilles pour des piqûres indolores

Les piqûres font toujours peur. Pourtant, elles sont devenues beaucoup moins douloureuses avec les seringues et les aiguilles actuelles. Les fabricants ont, en effet, beaucoup innové au cours des dernières décennies pour augmenter le confort de ceux qui se piquent ou se font piquer.

Le diamètre des aiguilles a été réduit. La géométrie des biseaux a été améliorée elle aussi : la multiplication des angles et leurs orientations permettent de mieux pénétrer la peau. Les petits tubes en alliage sont désormais polis par ultrason ce qui permet d'éliminer les microbarbules invisibles qui empêchaient jadis l'aiguille de s'enfoncer facilement dans l'épiderme et faisaient un peu mal. Ce glissement est encore facilité aujourd'hui par la lubrification des parois avec de la silicone. Les ingénieurs ont aussi travaillé sur le débit de l'injection de façon que le produit soit libéré régulièrement sans provoquer de sensation de brûlure. (Source: lefigaro.fr)

Les bienfaits de toutes ces innovations sont indéniables. Rien ne dit toutefois que dans les prochaines années les seringues et les aiguilles ne seront pas remplacées par des instruments très différents et encore plus performants. Les pistes sont nombreuses.

« Notre objectif est de nous ­passer des aiguilles hypodermiques dans la plupart des cas et de les ­remplacer par un patch qui pourrait être appliqué simplement et sans douleur par le patient », affirme Mark Prausnitz, chercheur à l'Institut technologique de Géorgie (États-Unis). Hier, dans le cadre du 238e congrès de la Société américaine de chimie, il a présenté un petit patch tapissé de micro-aiguilles qu'il espère voir sur le marché au cours des prochaines années.

 

Testé avec succès sur la souris

 

La fabrication de ce petit dispositif a été possible grâce aux techniques de miniaturisation développées dans l'industrie électronique. Les aiguilles ne font que quelques centaines de micromètres de long (1 micromètre = 10  6 m) et elles ont l'épaisseur de quelques cheveux ou de la trompe d'un moustique. Le patch lui-même n'est pas plus gros qu'un grain de blé. « Nous avons détourné les technologies de l'électronique pour la mettre au service de la médecine. Nous essayons de faire se rejoindre ces deux mondes », explique Mark Prausnitz. Son laboratoire est spécialisé dans le design des médicaments et la façon dont ils sont acheminés dans l'organisme. Il conduit également des recherches sur la possibilité d'injecter des molécules à travers la peau par ultrason.

Le patch a déjà été testé avec succès sur la souris. Une équipe de l'université Emory en Géorgie a vacciné deux groupes de rongeurs contre la grippe saisonnière, l'un avec le patch et l'autre avec une seringue classique, le procédé actuel. Selon Mark Prausnitz, les souris du premier groupe ont eu une meilleure réponse immunitaire. Son laboratoire continue les essais avec le vaccin grippal sur les animaux mais espère pouvoir lancer des essais chez l'homme dès l'année prochaine.

« Si on arrive à mettre au point quelque chose d'aussi facile à appliquer qu'un pansement, on permettra à chacun de se débrouiller tout seul pour s'administrer ses médicaments sans entraînement spécial », souligne le chercheur. Une réflexion qui prend toute sa valeur avec la pandémie de grippe A. En effet, dès qu'il sera disponible, le vaccin va être administré à des centaines de millions de personnes dans le monde et beaucoup se demandent si le personnel médical pourra faire face à la situation.

Plus impressionnant, le patch peut aussi être appliqué sur l'œil. Il est actuellement testé sur des lapins et des primates atteints de dégénérescence maculaire, la principale cause de cécité chez les personnes âgées. Dans le traitement de cette maladie, il pourrait s'avérer très utile. En effet, le seul médicament qui existe actuellement doit être injecté de manière répétée par une seringue, ce qui est très désagréable mais peut aussi présenter à la longue des risques de lésions et d'infection. « Avec le patch, la zone ciblée peut être beaucoup mieux localisée, ajoute Mark Prausnitz. Les molécules peuvent être injectées exactement dans les tissus de l'œil que l'on cherche à attendre ». Les premiers essais chez l'homme devraient être lancés prochainement.(Source: lefigaro.fr)

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