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09/07/2009

Isotopes médicaux: un réacteur canadien arrêté au moins jusqu'à fin 2009

Un réacteur nucléaire canadien vieillissant, responsable de plus d'un tiers de la production mondiale d'isotopes médicaux, ne pourra pas être remis en service avant la fin de l'année, ont annoncé les autorités mercredi. Le réacteur de recherche de Chalk River (NRU), vieux d'un demi-siècle, a été arrêté à la mi-mai à la suite d'une fuite d'eau lourde.

Compte tenu des dernières données sur l'évaluation de l'état du réacteur et du processus complexe de sa réparation, "il ne fait désormais aucun doute que le réacteur NRU ne sera pas remis en service avant la fin de 2009", a déclaré Hugh MacDiarmid, Pdg d'Energie Atomique du Canada (EACL), la société publique qui exploite le réacteur.

M. MacDiarmid a toutefois ajouté qu'une "incertitude" demeurait encore sur la durée exacte des travaux de réparation, laissant entendre que ceux-ci pourraient se prolonger. EACL avait dans un premier temps indiqué que l'arrêt du réacteur durerait au moins trois mois.

Notre principal objectif est de remettre le réacteur NRU en service afin de permettre la production des isotopes médicaux pour les patients et les professionnels de la santé canadiens", a assuré M. MacDiarmid.

Le réacteur de Chalk River assure de 30 à 40% de la production mondiale d'isotopes médicaux utilisés dans le dépistage par imagerie médicale du cancer ou de maladies cardiaques ou osseuses.

Son arrêt a provoqué une pénurie d'isotopes au Canada et entraîné des reports de tests médicaux importants.

Les responsables d'EACL ont indiqué au cours d'un point de presse être proches de la fin de la première des trois phases de leur plan de remise en service du NRU.

Cette première phase porte sur l'évaluation approfondie de l'état du réacteur. Elle a permis de constater une corrosion de la cuve du réacteur qui a nécessité le retrait du combustible.

La seconde phase - les travaux de réparation - doivent prendre environ deux mois, en fonction de la méthode choisie. La durée de la troisième phase, celle du redémarrage du réacteur, est également évaluée à deux mois.

M.MacDiarmid a précisé qu'une décision sur la méthode de réparation du réacteur de Chalk River serait prise "dans les prochaines semaines".

Pressés de questions pour savoir si le réacteur pourrait effectivement redémarrer un jour, les responsables d'EACL ont répété que "toutes les données recueillies pour le moment montrent que le réacteur peut être remis en service et sera remis en service", tout en reconnaissant qu'il n'y a pas de garanties absolues.

Le gouvernement canadien a autorisé l'importation d'isotopes médicaux d'Australie et d'Afrique du Sud pour pallier la pénurie au Canada.

Il y a un peu moins d'un an, la Belgique et plusieurs autres pays européens avaient également été confrontés à une pénurie d'isotopes médicaux à la suite de la panne du réacteur néerlandais de Petten qui s'était ajoutée à l'arrêt pour maintenance du réacteur belge BR2 et du réacteur français Osiris ainsi qu'à l'arrêt de la production de l'Institut belge des Radio-Eléments (IRE) à la suite d'un incident nucléaire. (AFP)

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