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14/04/2009

Nouvelle greffe de visage aux Etats-Unis: collaboration UCL et Harvard

Une nouvelle greffe de visage vient d’être réalisée aux Etats-Unis. Septième intervention du genre, elle a été réalisée par une équipe chirurgicale de la Harvard Medical School, sur une programmation opératoire et selon un protocole d’étude entièrement établis en Belgique, dans le Laboratoire de Morphologie Expérimentale de l’UCL.


 Le cas du patient qui vient d’être opéré a été présenté, en avril 2008, au Pr B. Lengelé (UCL) par les Prs B. Pomahac et J. Pribasz (Harvard). Pour rappel, le Pr Benoît Lengelé est le concepteur et co-directeur de la première greffe mondiale de visage réalisée en novembre 2005 à Amiens. Convaincus par les résultats probants de cette première greffe mondiale, les chirurgiens américains sont venus préparer leur intervention dans le Laboratoire d’anatomie de l’UCL à Bruxelles. Une greffe réalisée selon des standards de qualité très élevés Le Pr Lengelé a imaginé, avec eux, un greffon original sur mesure, pour réparer le visage traumatisé de leur malade (reconstruit dans un premier temps par des techniques de réparation  conventionnelles). Le nouveau transplant facial a été conçu pour réparer l’étage moyen du visage (greffon de type 2, selon la classification établie à l’UCL) et contient le nez, les joues, les pommettes, la lèvre supérieure, les os maxillaires et le palais. Contrairement à d’autres transplantations récentes, cette greffe a été réalisée selon tous les standards techniques d’exigence énoncés lors de la greffe de visage de 2005 : rétablissement intégral et spécifique de la continuité de tous les nerfs sensitifs et moteurs de la face, réparation de tous les muscles et utilisation d’un lambeau sentinelle de surveillance indirecte du greffon à long terme. uvelle greffe de visage aux Etats-Unis,

Une technique désormais accessible à tous les patients sévèrement défigurés

Il faut se réjouir du progrès que constitue cette nouvelle intervention qui, après les dernières variantes réalisées à Cleveland et à Paris, fait rentrer définitivement la transplantation faciale dans les techniques chirurgicales reproductibles bien admises pour effectuer la réparation, à la fois anatomique et fonctionnelle, de la défiguration sévère.

Même si un traitement immunosuppresseur est la condition obligatoire de la chirurgie du greffon pour prévenir son rejet, il est à espérer que ce traitement, très semblable à celui imposé à tous les autres malades ayant bénéficié d’une greffe d’organes viscérale (coeur, foie, reins), pourra être allégé grâce à des techniques utilisant des greffes concomitantes de cellules souches médullaires. Celles-ci sont susceptibles d’induire un état de tolérance à long terme où le greffon sera viable durablement avec un traitement médicamenteux minimal. Les résultats fonctionnels et neuropsychologiques des greffes de visage dépassent largement ceux des techniques conventionnelles chez les malades dont une partie importante de la face a été détruite. Chaque répétition d’une nouvelle expérience clinique réussie dans ce domaine ouvre un nouvel espoir pour les grands blessés de la face.

Le Docteur Benoît Lengelé est Professeur Ordinaire à l’UCL, il y est titulaire de la Chaire d’Anatomie Humaine et dirige le Département de Morphologie Expérimentale. Il est chirurgien plasticien réparateur aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Pionnier de la greffe de visage, il a décrit les bases anatomiques de ces interventions et le concept de prélèvement et de transfert sur mesure des unités fonctionnelles de la face. Suite à son travail avec ses collaborateurs américains, il a récemment été nommé Invited Professor of Surgery à la Harvard Medical School où a été réalisée la nouvelle greffe.

 

 

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