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11/03/2009

Exclusif: les mortalités générales masculine et féminine sont supérieures en Wallonie

Le ministre Didier Donfut avait annoncé son arrivée. Aujourd’hui, l’observatoire de la santé présente son premier tableau de bord de la santé  des wallons.

Les taux de mortalité ont très fortement diminué au cours des deux derniers siècles. En 1880 un homme belge pouvait en moyenne espérer vivre pendant 43 ans et une femme belge pendant 46 ans. En 1930, un homme belge vit en moyenne 56 ans et une femme 60 ans. En 1960, l’espérance de vie est passée à 67 ans pour les hommes et 73 ans pour les femmes. La croissance de l’espérance de vie se ralentit ensuite : huit années ont été gagnées au cours des quatre dernières décennies, permettant d’atteindre en 2000 une espérance de vie masculine de 75 ans et une espérance de vie féminine de 81 ans.

Cette croissance de l’espérance de vie, résultant d’un effondrement de la mortalité, est directement liée à l’évolution des principales causes de décès. On observe en effet une diminution de la mortalité par maladies infectieuses, une baisse de la mortalité infantile et une augmentation de la mortalité par maladies dégénératives, principalement les maladies cardio-vasculaires et les cancers. Ce basculement des causes de décès de la sphère infectieuse vers celle des maladies dégénératives correspond à ce que Omran (1971) a appelé la transition épidémiologique. Depuis les années quatre-vingt, on constate une augmentation de la mortalité aux grands âges et une réduction de la mortalité par affections cardio-vasculaires.

En Région wallonne, les principales causes de décès sont actuellement des maladies du système circulatoire (environ 30% du total des décès), des cancers (25% des décès), des maladies du système respiratoire, des maladies digestives et des causes externes de blessures et d'empoisonnement qui incluent les accidents (de la route essentiellement).

Dans ce contexte général de diminution de la mortalité, les inégalités de mortalité demeurent importantes : inégalités de genre, inégalités sociales et géographiques. Actuellement, la tendance est à la réduction des écarts de l’espérance de vie entre sexes. L’espérance de vie s’élève pour les deux sexes mais plus rapidement chez les hommes.

 


Les mortalités générales masculine et féminine sont supérieures en Wallonie: à âge égal, le risque de décès est significativement plus élevé pour un(e) Wallon(ne). Cette surmortalité s’observe dans toutes les provinces wallonnes excepté dans le Brabant wallon. Le risque de décès est particulièrement élevé pour les hommes du Hainaut (20,0% plus élevé qu’en Belgique en général) et de la province de Namur (13,9% plus élevé qu’en Belgique en général) et pour les femmes du Hainaut et de la province de Liège (respectivement de 13,8% et de 9,7% supérieur à la Belgique en général).

Cette surmortalité caractérise la plupart des régions de vieille industrie lourde (ancienne zone minière ou sidérurgique) d’Europe occidentale. Les conditions socio-économiques et environnementales défavorables de ces régions expliquent en partie cette surmortalité. Des comportements de santé à risques, en partie liés à ce contexte socio-économique dégradé, influencent également les conditions de mortalité de ces régions (Leclerc et al., 2000). Le taux de mortalité des hommes wallons vaut presque deux fois celui des femmes, ce qui signfie qu'à âge égale, un homme a près de deux fois plus de risque de mourir qu'une femme.

Les arrondissements situés sur l’axe Mons-Liège se distinguent par une nette surmortalité masculine (taux standardisé supérieur à 14,8 pour 1000 hommes) et celui de Neufchâteau et Nivelles par une sous mortalité masculine.La géographie de la mortalité féminine se différencie peu de la géographie de la mortalité masculine. Comme pour les hommes, les taux les plus élevés s’observent dans les arrondissements du sillon industriel wallon et à Marche alors que les taux les plus faibles s'observent dans l’arrondissement de Nivelles, Arlon, Waremme et Philippeville.

La mortalité prématurée en Wallonie est significativement supérieure à la mortalité prématurée en Flandre et à Bruxelles. Avant l’âge de 65 ans, on note une surmortalité masculine très importante: le taux masculin de mortalité prématurée est le double de celui des femmes.

La mortalité prématurée des hommes en Wallonie est significativement supérieure à la mortalité prématurée des hommes en Flandre : la mortalité prématurée des Wallons est supérieure de 36,8% à celle des Flamands et à Bruxelles (+ 5,5%). Pour les femmes, la mortalité prématurée est légèrement plus faible en Wallonie qu’à Bruxelles mais très nettement supérieure à celle de la Flandre (+ 27,9%).

Comme pour la mortalité totale, la surmortalité prématurée par rapport à la moyenne belge est significative dans toutes les provinces wallonnes excepté dans le Brabant wallon. Le risque de décès prématuré est particulièrement élevé pour les hommes du Hainaut et de la province de Namur (respectivement de 28,0% et 25,3% supérieur à la Belgique en généralL’observation de la carte des taux de mortalité masculine confirme la surmortalité prématurée dans le Hainaut et en particulier dans les arrondissements de Charleroi, Thuin, Mons et Tournai.

Par contre la mortalité prématurée masculine est plus faible dans les arrondissements les plus septentrionaux (Nivelles, Waremme et Mouscron) et orientaux (Verviers) et méridionaux (Arlon et Virton) de la Wallonie.Chez les femmes, la mortalité prématurée est importante le long de l’ancien axe industriel wallon ainsi que dans les arrondissements de Marche et de Virton. Comme pour les hommes, les arrondissements de Mouscron, Nivelles, Waremme, Dinant et Arlon, Verviers et Bastogne présentent une sous-mortalité prématurée par rapport à la moyenne régionale.

 

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