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02/02/2009

France: les jeunes fument moins mais boivent plus d'alcool

Les adolescents de 16 ans sont plus nombreux à boire régulièrement de l'alcool en France, point noir d'une évolution des consommations plutôt rassurante, avec un recul de l'usage de tabac et de cannabis, selon les premiers résultats de l'enquête Espad 2007 présentés lundi.
"Les perspectives sont encourageantes", a estimé Stéphane Legleye, de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), soulignant que l'expérimentation comme la consommation régulière de tabac et de cannabis sont "sur la pente descendante".
En revanche, la consommation régulière d'alcool est en nette hausse, 13% des jeunes de 16 ans (un élève sur 8) déclarant en consommer régulièrement (au moins 10 fois en un mois) en 2007, contre 8% en 1999 et 7% en 2003. Un phénomène qui concerne deux fois plus les garçons que les filles, même s'il gagne du terrain chez ces dernières.
L'enquête Espad (European School Survey on Alcohol and Other Drugs) est menée tous les 4 ans dans plus de 35 pays européens auprès des élèves âgés de 16 ans. Réalisée en France sous la responsabilité de l'OFDT et de l'Inserm, elle a été renouvelée au printemps 2007 dans 202 établissements, auprès de quelque 2.800 élèves.


En 2007, à 16 ans, moins d'un adolescent sur 10 déclare n'avoir jamais pris ni alcool, ni tabac, ni cannabis. Mais la proportion de jeunes (76%) ne déclarant aucune consommation régulière d'un de ces trois produits est en nette hausse depuis 1999 (65%).
L'enquête confirme la baisse du tabagisme observée en 2003 : l'usage quotidien est passé de 31% en 1999 à 17% en 2007. La tendance s'est également inversée pour le cannabis, avec 3,4% d'usagers réguliers contre 5,5% en 1999 et 6,1% en 2003. Pourtant "l'offre n'a fait qu'augmenter", a souligné le président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies Etienne Apaire.
En ce qui concerne l'alcool, Marie Choquet (Inserm) a reconnu que l'augmentation de la consommation régulière chez les jeunes était contraire à la tendance observée pour le reste de la population, mais a souligné que les chiffres restaient à peu près stables pour les ivresses.
"Il faut arrêter de dire que tous les jeunes sont des 'binge drinkers' ", a-t-elle déclaré. Seuls 3% des élèves disent avoir bu cinq verres et davantage en une occasion au moins 10 fois en un mois. Ils sont quand même 39% à avoir bu 5 verres ou plus en une seule occasion au cours des 30 derniers jours. Bières, champagne et alcools forts sont les boissons les plus populaires.
"Nous allons changer de braquet" pour l'alcool en 2009, a souligné M. Apaire. Le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" prévoit en effet l'interdiction totale de vente d'alcool aux mineurs et l'interdiction des opens bars.
M. Apaire craint par ailleurs une hausse de la consommation de cocaïne en raison d'une augmentation de l'offre. Il a indiqué qu'une "grande campagne d'information sur les dangers des drogues illicites" serait lancée en septembre.
"Face à une société qui multiplie les sollicitations addictives, c'est l'éducation qui doit plus que jamais être au centre de nos réponses, et non les sanctions et menaces", ont pour leur part estimé dans un communiqué l'Anitea et la F3A, associations qui fédèrent la majorité des acteurs de l'addictologie. En avril seront présentés les résultats de l'enquête Escapad qui concerne les jeunes de 17 ans. (AFP)

Commentaires

Toute assuétude traduit un code psychologique qui verrouille la dépendance.
La dépendance s’installe comme une sorte de médicament destiné à soulager le plus rapidement possible des ressentis insupportables qu’on n’arrive pas à annuler rapidement.

"L'indépendance est un choix personnel, la dépendance est une contrainte implacable." Josiane Criscuolo

Le tabac, l'alcool etc. comme tout l’objet d’une quelconque dépendance sont des sortes de drogues (= "médicament", en grec) qui ont leur utilité comme l'aurait la prise d'un médicament pour combattre notamment le stress, sans toutefois résoudre les causes de son apparition d’où leur solides installations.

En considérant l'objet même de la dépendance et des effets qu'elle produit, ce sont autant de "solutions" apportées par rapport au stress initial dont on n'a pas réussi à se libérer. Comme toute maladie qui est une solution temporaire pour solutionner une situation conflictuelle, la dépendance est également une tentative de solutionner dans l'instant un conflit qui se réocculte ensuite pour éviter d’en souffrir davantage.

"L'alcool est l'aspirine de l'âme." Gauthier Louis

Le professeur Henri Laborit (1914-1995) a démontré scientifiquement que la maladie était l'expression d'une situation où on ne peut pas agit ("L'inhibition de l'action", qui est aussi le titre d'un de ses livres) ; le recours à l'une des diverses assuétudes constitue en fait une des tentatives d'évitement de l'angoisse et du stress générés par l'impossibilité d'agir : soit en fuyant, soit en résistant activement. Ne jugeons donc pas ceux qui s'installeraient dans une dépendance, quelle qu'elle soit.

Pr Henri Laborit : "(...) pour faire une infection ou une affection néoplasique [Ndlr :cancer],
il ne suffit pas d'un contact avec un microbe ou un virus ou un irritant local chroniquement subi. On a trop focalisé sur le microbe, le virus ou le toxique cancérogène et pas assez sur le sujet, sur son histoire passée et présente, ses rapports avec son environnement.
Les toxiques eux-mêmes doivent sans doute présenter une toxicité variable suivant le contexte et le statut social de l'individu qu'ils atteignent. (...)."

Le Pr Henri Laborit, dit encore "...la pathologie réactionnelle aiguë à une lésion, elle-même brutale et soudaine, dépend aussi de ce qu'il est convenu d'appeler le "terrain" et qui nous paraît être l'état de la dynamique métabolique tissulaire au moment où elle s'installe. Cette dynamique elle-même dépend de toute l'histoire antérieure du sujet, c'est-à-dire de ses rapports historiques avec ses environnements.»
Cf. http://www.retrouversonnord.be/inhibition_action_Laborit.htm

Si le code psychologique sous-jacent au tabagisme n’est pas résolu, face au surcoût grandissant du tabac et conjointement les barrières qui ont été mises (lieux) pour en dissuader la consommation, quoi d’étonnant alors que ces jeunes anesthésient leur maux avec une autre « drogue » :
1° celle-ci offre l’avantage d’être non seulement socialement plus acceptable puisqu’à l’inverse du tabagisme, elle n’incommode directement qu’eux-mêmes !
2° elle est plus accessible financièrement !

En savoir plus sur les dépendances :
http://www.retrouversonnord.be/dependances.htm
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Écrit par : Baudouin Labrique | 02/02/2009

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