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13/10/2008

Infections nosocomiales: plus d'hygiène

49788c5042d2e91422487b8e0cd1c9cc.jpgEn Belgique, chaque année, ce sont environ 3400 patients qui décèdent des suites d’une infection contractée à l’hôpital.

Les microbiologistes des grands hôpitaux belges se sont retrouvés au centre d’un symposium sur les dernières techniques de détection des infections nosocomiales causées par des bactéries multi-résistantes aux antibiotiques.  « Ces infections, et en particulier celles à bactéries multi-résistantes sont courantes suite à la mauvaise utilisation des antibiotiques dans les centres de soins. Elles sont une préoccupation majeure puisque les chiffres de morbidité et de mortalité de patients souffrant d’infections nosocomiales sont plus élevés: en Belgique ce sont plus de 5% des patients qui contractent une infection en milieu hospitalier. Pour chaque type d’infections les conséquences sont plus ou moins graves pour le patient. Une partie importante des patients décède des suites directes d’une infection nosocomiale. D’après certaines études le séjour hospitalier s’allonger alors de 4 jours en moyenne. Tout cela représente un coût considérable pour nos soins de santé. Chaque année en Belgique on parlerait de près de 170 millions d’euros.» explique le Professeur J. Van Eldere de la KUL.

Pour combattre les infections nosocomiales, deux pôles sont importants:---la prévention (hygiène hospitalière, mesures d’isolement, contrôle des prescriptions d’antibiotiques, etc.), et le -- travail conjoint des laboratoires, des sociétés de diagnostic comme bioMerieux et des équipes médicales. 

 En termes de prévention, le public a un rôle à jouer tout comme les spécialistes de la santé. Les recommandations rédigée par les microbiologiste à l’attention des hôpitaux ont également leur place dans ce pôle: les recommandations contres les MRSA (Staphylococcus aureus resistant à la méticilline) éditées en 2003 et celles contre les ESBL qui sortiront très prochainement. « Une forte diminution des infections hospitalières a déjà été constatée suite à l’application des recommandations MRSA, déclare le Professeur M. Struelens de l’ULB. Le contrôle des infections nosocomiales passe par:

·       La désinfection des mains,

·       l’isolement des patients infectés ou colonisés sur la base du résultat d’un test de  diagnostic ou de dépistage,

·       et enfin, par un usage contrôlé des antibiotiques.

On considère qu’aujourd’hui 20 à 30% des infections nosocomiales pourraient être évitées. »

Plus d'infos: 67238ad6b874fd231a44a43bba75d078.jpg

 La collaboration entre tous les acteurs de santé concernés, permet d’accélérer les procédures de dépistage et donc de faciliter le contrôle et la maîtrise de la transmission des infections. Le  laboratoire de diagnostic joue également un rôle important dans la surveillance des infections nosocomiales (détecter en temps réel les infections nosocomiales, les profils de résistance inhabituels, les épidémies) et apporte une aide significative au médecin pour interpréter les résultats et choisir le traitement le plus adapté. Cela évite l’utilisation abusive d’antibiotiques, surtout ceux à large spectre qui jouent un rôle prépondérant dans la résistance bactérienne aux antibiotiques. «Une utilisation rigoureuse des antibiotiques est devenue une nécessité majeure pour sortir du cercle vicieux crée par un usage non contrôlé des antibiotiques. La propagation rapide des résistances aux antibiotiques, leur diffusion à des bactéries de plus en plus nombreuses et variées, ainsi qu’une raréfaction de nouveaux antibiotiques laissent présager que si rien n’est fait, nous ne disposerons plus de médicaments fiables pour combattre des infections

bactériennes graves (telles que pneumonies, septicémies, etc.), générant ainsi une augmentation de mortalité. Les traitements médicaux sophistiqués connaîtront également des difficultés (par ex. la chirurgie cardiaque, les prothèses de hanche, les transplantations d’organe). La mise en place de commissions dans les hôpitaux pour la gestion des antibiotiques est déjà un grand pas en avant, mais ce n’est pas suffisant. Le travail conjoint du personnel médical, des services de prévention de l’infection et des laboratoires augmente nos chances de renforcer la sécurité du patient face au péril microbien liés aux soins médicaux», précise le Professeur Struelens.

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